16 octobre 2026

Liste de courses : par quoi remplacer les grandes marques au supermarché

Heinz, Kellogg's, Coca-Cola, Nespresso, Ariel, Pampers : pour chaque grande marque du caddie, l'alternative la plus française de notre catalogue. Une liste à imprimer, puis le tour des rayons — où ces produits sont fabriqués, et ce qui reste importé.

Remplacer Heinz, Kellogg’s ou Pampers par une marque française, rayon par rayon : la question revient souvent, et la réponse tient sur une page. Cette liste couvre les courses de la semaine — épicerie, boissons, entretien, hygiène, bébé — et retient, pour chaque grande marque, l’alternative la plus française de notre catalogue.

Comment l’avons-nous choisie ? Chaque fiche d’AlternativesFR note une marque sur quatre critères : capitaux, conception, fabrication, matières premières. Notre barème détaille la méthode. Dans chaque rayon, la liste retient la marque la mieux notée, et une seconde quand deux font jeu égal. Toutes ont été vérifiées ligne par ligne, et toutes sont françaises par leur capital et par leur conception.

Le tour des rayons qui suit la liste dit le reste : où ces produits sont fabriqués, et ce qui, même chez la meilleure marque du rayon, vient encore d’ailleurs.

La liste

Le bouton sous la liste l’imprime seule, sur une page, avec des cases à cocher et quelques lignes libres.

Ma liste de courses française — AlternativesFR, octobre 2026

Épicerie salée

Épicerie sucrée

Boissons

Entretien

  • Éponges et accessoires de ménage : Ecodis — à la place de Spontex, Scotch-Brite, Vileda
  • Lessive et produits ménagers : Étamine du Lys, La Corvette ou Briochin — à la place d'Ariel, Skip, Le Chat

Hygiène et soins

Bébé

  • Couches : Pommette ou Tidoo — à la place de Pampers, Huggies

Autres

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Liste établie par AlternativesFR à partir de ses fiches, octobre 2026. Le détail de chaque marque, et ses sources : alternativesfr.fr.

Le tour des rayons

Épicerie salée : des usines centenaires

La moutarde a le plus long ancrage de la liste. Selon l’historique de la maison, c’est en 1840 que Léon Bouley fonde à Beaune la fabrique de moutarde devenue Fallot, qui y a toujours son adresse. Fallot est l’une des deux marques de la liste notées 3 sur les quatre critères. Alélor fabrique sa moutarde à Mietesheim, dans le Bas-Rhin, et a reconstitué depuis 2008 une filière régionale de graines. Mais l’entreprise reste dépendante « à 50 % des approvisionnements extérieurs », selon un article de presse que la marque reproduit sur son site.

Pour les pâtes, Alpina Savoie se présente, par la voix de son actionnaire, comme « le plus ancien semoulier pastier français », fondé à Chambéry en 1844. Pour les bouillons, Carrés Futés vend ce qu’il appelle « le premier bouillon 100 % français et 100 % naturel », dont chaque ingrédient est suivi de la mention « France ». Jardin BiO revendique 14 ateliers de fabrication en France et 72 % de ses produits fabriqués en France, et nomme elle-même ses origines étrangères : noix de coco du Sri Lanka, thé vert de Chine, tomate d’Italie.

Épicerie sucrée : la Bretagne et la Normandie

Le petit-déjeuner est le rayon où la matière française progresse le plus. Grillon d’Or écrit que, depuis 2018, ses flocons d’avoine sont « récoltés et floconnés en France », que l’orge, le blé, le seigle et l’épeautre viennent de France, et que ce qui n’en vient pas doit provenir de l’Union européenne ou de Suisse.

Côté biscuits, St Michel affirme que « plus de 80 % des volumes de [ses] matières agricoles principales sont d’origine France », et produit dans sept communes françaises, d’Avranches à Commercy — plus un site aux États-Unis. La Trinitaine, née en 1955 sur le port de La Trinité-sur-Mer, produit dans l’atelier de Saint-Philibert ouvert en 1972.

Le chocolat marque la limite. La manufacture Michel Cluizel travaille à Damville, en Normandie, avec des « planteurs d’excellence sur les trois continents du cacao » : le cacaoyer ne pousse pas en France, et aucun chocolatier ne peut y échapper. C’est vrai aussi de Valrhona. Choisir un chocolat français, c’est choisir où la fève est travaillée, pas où elle pousse.

Boissons : fabriquées ici, à partir de quoi ?

Breizh Cola écrit être « fabriqué à Domagné, près de Rennes ». Le tonic Hysope est produit en Charente, près de Cognac. Les colas régionaux — breton, normand, corse, auvergnat — remplacent Coca-Cola par une usine française, mais la noix de cola ne pousse pas en France, et aucune de ces marques n’y échappe.

Même constat, en plus net, pour le café et le thé. Cafés Méo torréfie dans ses ateliers près de Lille des grains qui viennent tous d’ailleurs, comme ce café d’Éthiopie de la région du Kaffa qu’il a vendu en édition limitée. Mariage Frères cite des thés de Darjeeling, du Japon, de Ceylan, de Chine, de Nouvelle-Zélande — et un thé blanc d’Écosse, seule origine européenne de la liste. Ce qui est français ici, c’est la torréfaction, l’assemblage et l’entreprise.

Entretien : la fabrication est française, pas toujours la matière

Étamine du Lys fabrique à Somloire, en Maine-et-Loire, dans un bâtiment de 7 400 m². La Corvette, installée depuis l’après-guerre dans le quartier des Aygalades, à Marseille, fabrique son savon au chaudron et se présente comme « l’une des dernières savonneries historiques de Marseille ». Mais la lessive bute sur une matière que la France ne produit pas : Étamine du Lys reconnaît qu’en détergence, « les tensioactifs alternatifs à l’huile de palme demeurent très onéreux et en quantité insuffisante ».

Pour les éponges, l’éponge grattante de la marque Grand Beau, chez Ecodis, associe une partie en cellulose « fabriquée en France » et un grattoir fabriqué ailleurs en Europe.

Hygiène : le manche, mais pas les poils

La brosse à dents est l’autre marque de la liste notée 3 partout. Bioseptyl est fabriquée à Beauvais, et son manche, qui fait selon la marque 87 % du poids de la brosse, est fait de matières françaises. Ses filaments et leurs ancres, eux, viennent d’Allemagne, faute de producteur en France. C’est la limite la plus étroite de la liste, et la marque la publie elle-même.

Pour les soins, Yves Rocher écrit que « plus de 95 % de [ses] produits cosmétiques sont faits en France, dont 93 % dans [ses] propres usines en Bretagne », à partir de « plus de 450 filières végétales à travers le monde ».

Bébé : des couches de Ploërmel

Les couches Pommette sont fabriquées par les Celluloses de Brocéliande, à Ploërmel, dans le Morbihan. Leur rapport RSE 2023 chiffre la part française des matières premières à 38 %, et la part européenne à plus de 90 %.

Ce que la liste ne dit pas

Elle ne compare ni les prix, ni le goût, ni l’efficacité d’une lessive. Elle ne dit pas non plus où trouver chaque marque, ni à quel prix. La liste répond à une seule question — par quoi remplacer, si l’on veut acheter français — et chaque fiche dit ce que la marque retenue fait bien, et ce qu’elle fait moins bien.

Ce que vous achetez réellement

Avec cette liste, vous achetez des entreprises françaises, et presque toujours des usines françaises : à Beaune, Chambéry, Mietesheim, Saint-Philibert, Damville, Somloire, Beauvais ou Ploërmel. Vous achetez beaucoup moins souvent une matière française. Le cacao, le café, le thé, la noix de cola et l’huile de palme ne poussent pas ici, et même la brosse à dents la mieux notée du catalogue garde des filaments allemands. Acheter français, dans ces rayons, c’est faire travailler la France sur des matières venues d’ailleurs — et le savoir.


Sources :

Le choix des marques s’appuie sur les notes des fiches d’AlternativesFR au 6 octobre 2026 ; chaque fiche porte ses propres sources.

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