La Trinitaine
La biscuiterie bretonne de Saint-Philibert, depuis 1955
Niveau d'engagement local
Le badge correspond au critère le plus faible : aucune note ne peut en compenser une autre.
À propos de La Trinitaine
La Trinitaine est née en 1955 sur le port de La Trinité-sur-Mer : Lucien Petit, pâtissier, met au point un biscuit roulé en forme de cigarette qui donnera son nom à la maison. L’atelier de Saint-Philibert, à quelques kilomètres de là, est ouvert en 1972 par son fils Bernard, et c’est lui qui fabrique depuis. Parler du « site d’origine » serait donc inexact : la biscuiterie a quitté La Trinité-sur-Mer il y a plus d’un demi-siècle, même si elle en a gardé le nom. Un magasin d’usine y ouvre en 1978, bien avant que la vente directe ne devienne un argument ; un atelier adapté, travaillant avec dix ESAT de la région, s’y installe en 2014.
La fabrication est le point le mieux établi de cette fiche. L’entreprise adhère au réseau Produit en Bretagne depuis février 2021, et ce logo n’est pas une mention décorative : il garantit que le produit « est fabriqué en Bretagne, par une entreprise membre du réseau », l’autorisation étant délivrée produit par produit et la démarche auditée chaque année par Bureau Veritas depuis 2007. La recette, elle, se lit sur l’étiquette plutôt que dans un argumentaire : le palet breton pur beurre associe farine de blé, sucre, beurre pâtissier à hauteur de 20 %, œufs entiers, poudres à lever, sel et caramel. Aucune matière grasse végétale, donc aucune huile de palme — dans cette recette-là, et non dans l’ensemble d’un catalogue qui comprend aussi des enrobages et des confiseries.
Trois réserves, et la première est lourde. L’entreprise n’est plus ni familiale ni indépendante. Placée en redressement judiciaire le 15 octobre 2025, la société Biscuiterie La Trinitaine a été liquidée le 28 janvier 2026, son outil industriel étant cédé cinq jours plus tôt, par jugement du tribunal de commerce de Rennes, au fonds Breizh Rebond. Yann Petit, troisième génération, quitte la direction, conserve les murs, une participation « très minoritaire » et la présidence du conseil de surveillance ; Florent Coëffec, directeur général depuis 2019, devient président. Sur les 128 postes de production, 84 sont supprimés et 44 maintenus : les lignes de pâtisserie industrielle, sans marge depuis plusieurs années, sont abandonnées.
Deuxième réserve, les comptes qui ont mené là. Pour 40,4 M€ de chiffre d’affaires en 2024, la biscuiterie a perdu 7,48 M€ en 2022, 5,23 M€ en 2023 et 1,18 M€ en 2024 ; la trajectoire s’améliorait, elle n’a pas suffi. La cause tient en une phrase : la flambée du beurre, des œufs et des emballages n’a pas pu être répercutée sur les enseignes, et plus de 10 M€ engagés dans l’automatisation des lignes n’ont pas rétabli la marge. L’usine de 37 000 m², le réseau de 48 boutiques et les quelque 300 salariés du groupe donnent la mesure de ce qui s’est joué.
Troisième réserve, l’approvisionnement. Le logo breton le dit lui-même : il « n’est pas Produit de Bretagne », et autorise l’achat hors région des ingrédients principaux lorsqu’ils manquent en qualité ou en quantité. Aucune origine n’est publiée sur les fiches produits. C’est ce silence, et non une importation avérée, qui maintient la note de matières premières à 2.
Ce que l’on achète aujourd’hui, donc : un atelier morbihannais de 44 emplois recapitalisé par un fonds rennais dont la Région Bretagne et Arkéa sont les premiers souscripteurs — une usine bretonne, plus une maison familiale. Face à Oreo, propriété de l’américain Mondelez, et à McVitie’s, passé au turc Yıldız Holding via pladis, l’écart de nature est net. Il l’est moins face à Granola : la marque appartient aussi à Mondelez, mais ses biscuits vendus en France sortent des usines françaises héritées de LU. Contre elle, l’argument n’est pas le lieu de production — c’est la destination des bénéfices.
Infos sur la marque
- ✓Biscuiterie fondée en 1955 sur le port de La Trinité-sur-Mer par Lucien Petit, pâtissier. L'atelier de Saint-Philibert, où la production est aujourd'hui installée, a été ouvert en 1972 par son fils Bernard, et le magasin d'usine en 1978. Source : Notre histoire — La Trinitaine — La Trinitaine (site de la marque)
- ✓Un atelier adapté fonctionne sur le site de Saint-Philibert depuis 2014, en partenariat avec dix ESAT de la région. L'entité industrielle adhère au réseau Produit en Bretagne depuis février 2021 et y déclare 43 salariés. Source : Fiche membre « LA TRINITAINE PRODUCTION » — Saint-Philibert (56) — Association Produit en Bretagne
- ✓Ce que garantit le logo Produit en Bretagne : « vous avez l'assurance qu'il est fabriqué en Bretagne, par une entreprise membre de notre réseau ». L'autorisation est délivrée produit par produit, et la démarche est reconnue depuis 2007 par Bureau Veritas, qui l'audite chaque année pour les produits alimentaires. Source : Les garanties du logo — Produit en Bretagne — Association Produit en Bretagne
- ✓La liste d'ingrédients du palet breton pur beurre ne comporte aucune matière grasse végétale : farine de blé, sucre, beurre pâtissier 20 %, œufs entiers, poudres à lever, sel et caramel. Source : Palets bretons pur beurre, boîte 650 g — liste d'ingrédients — La Trinitaine (fiche produit)
- ✓Le repreneur est un fonds régional : Breizh Rebond, 50 M€ basés à Rennes, souscrit par la Région Bretagne (20 M€), le groupe Arkéa (20 M€), le Crédit Agricole, la Banque Populaire Grand Ouest et la Caisse d'Épargne Bretagne Pays de Loire (10 M€ à eux trois) et BIB Participations. Sa doctrine est de maintenir en Bretagne les centres de décision des entreprises qu'il accompagne — les capitaux restent donc intégralement français. Source : Breizh Rebond. Un nouveau fonds de 50 M€ destiné aux PME bretonnes fragilisées par la crise — Bretagne Économique
- ✓Le groupe exploitait un réseau de 48 boutiques, principalement dans le Grand Ouest, et une usine de 37 000 m² à Saint-Philibert, pour environ 300 salariés. Source : La chute d'un mythe breton — L'Essentiel de l'Éco
- ⚠L'entreprise n'est plus ni familiale ni indépendante. Le tribunal de commerce de Rennes a validé le 23 janvier 2026 la reprise de l'outil industriel par Breizh Rebond, devenu actionnaire très majoritaire. Yann Petit, troisième génération, reste actionnaire « très minoritaire » et préside le conseil de surveillance ; Florent Coëffec, directeur général depuis 2019, est président depuis le 28 janvier 2026. La famille conserve la propriété des murs. Source : Breizh Rebond reprend l'entreprise familiale La Trinitaine — Bretagne Économique
- ⚠La reprise s'est faite au prix de 84 suppressions de postes sur les 128 que comptait la production : 44 seulement ont été maintenus, les cinq lignes de pâtisserie industrielle étant abandonnées faute de marge depuis plusieurs années. Source : Breizh Rebond reprend l'entreprise familiale La Trinitaine — 84 suppressions de postes sur 128 — Bretagne Économique
- ⚠La société Biscuiterie La Trinitaine a été placée en redressement judiciaire le 15 octobre 2025, puis en liquidation judiciaire le 28 janvier 2026. Ses comptes publiés font état de 40,4 M€ de chiffre d'affaires en 2024, pour des pertes nettes de 7,48 M€ en 2022, 5,23 M€ en 2023 et 1,18 M€ en 2024. Source : BISCUITERIE LA TRINITAINE (SIREN 301 522 900) — comptes annuels et procédures collectives — Pappers, d'après les publications légales (INPI, BODACC)
- ⚠La cause de la défaillance est une flambée des coûts du beurre, des œufs et des emballages que le groupe n'a pas réussi à répercuter sur ses clients distributeurs. Plus de 10 M€ investis dans l'automatisation des lignes de Saint-Philibert n'ont pas suffi à rétablir la marge industrielle. Source : La chute d'un mythe breton — coûts du beurre, des œufs et des emballages non répercutés — L'Essentiel de l'Éco
- ⚠L'origine des matières premières n'est pas documentée. Le logo Produit en Bretagne rappelle lui-même qu'il « n'est pas Produit de Bretagne » et autorise l'achat hors région des ingrédients principaux lorsqu'ils ne sont pas disponibles en qualité ou en quantité suffisante ; aucune origine n'est indiquée sur les fiches produits. Faute de preuve d'approvisionnement régional, la note de matières premières reste à 2. Source : Les garanties du logo — « Produit en Bretagne n'est pas Produit de Bretagne » — Association Produit en Bretagne
Pourquoi choisir La Trinitaine ?
Une usine bretonne, et rien qu'une usine bretonne
Les biscuits sortent de l'atelier de Saint-Philibert, dans le Morbihan, sous un logo Produit en Bretagne dont l'autorisation est délivrée produit par produit et auditée chaque année par Bureau Veritas.
Une recette qu'on peut lire
Le palet breton pur beurre contient 20 % de beurre pâtissier et aucune matière grasse végétale : pas d'huile de palme dans cette recette, ce qui n'est pas le cas de tous les biscuits industriels comparables.
Des capitaux régionaux
Après la liquidation, l'outil industriel est détenu par Breizh Rebond, fonds rennais souscrit par la Région Bretagne, Arkéa et trois réseaux bancaires mutualistes de l'Ouest — un actionnariat français, mais qui n'est plus familial.
Sources
- •Recherche d'entreprises — LA TRINITAINE (Saint-Philibert, 56470) : Groupe La Trinitaine, Biscuiterie La Trinitaine, La Trinitaine Distribution, La Trinitaine Production — API Recherche d'entreprises, DINUM / data.gouv.fr
- •Breizh Rebond — doctrine d'investissement, siège 6 rue du Pré Botté à Rennes — Breizh Rebond
- •Breizh Rebond reprend l'outil industriel de La Trinitaine — redressement judiciaire depuis octobre 2025, jugement du 23 janvier 2026 — 7 jours (Rennes)