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Tidoo

Ancrage français completCapitaux français · Conception française · Production française · Ressources mondiales tracées
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À propos de Tidoo

Sur ce rayon, beaucoup de marques françaises font produire chez un industriel tiers. Celle-ci a construit son usine — mais ne dit pas d’où viennent ses matières.

Une PME qui a choisi de fabriquer

Tidoo est une marque de Naturopera, holding immatriculée au RCS de Nanterre, dont le siège est 51 rue de Sèvres à Boulogne-Billancourt. Le registre des entreprises la montre présidée par Geoffroy Blondel de Joigny, avec Kilian O’Neill pour directeur général : deux personnes physiques, aucune société parmi les dirigeants. Le groupe revendique 150 collaborateurs, 66 millions d’euros générés sur 2024 et dix marques pour 148 références fabriquées en France — Tidoo et Carryboo pour la couche, Tadam’, Loua, Biorène ou Kéranove pour l’hygiène et la beauté.

Sa décision la plus notable est industrielle, et le constat qui l’a motivée est donné par l’entreprise elle-même : « seulement 10 % des couches consommées en France sont produites sur le territoire ». Plutôt que de faire fabriquer chez l’un des industriels existants, le groupe a investi 14 millions d’euros dans une usine de 18 000 m² à Bully-les-Mines, portée par sa filiale Natur’Anima, pour une capacité de 90 millions de couches par an. Le site a été inauguré le 18 octobre 2022, et Tidoo y est fabriquée « sans intermédiaire », écrit la marque.

Le financement dit aussi quelque chose du capital. Le tour de 2021, environ 16 millions de dollars en fonds propres et en dette selon le conseil de l’opération, a réuni Bpifrance, la Région Hauts-de-France, l’agglomération de Lens-Liévin, le fonds Regain 340 de Turenne Groupe et deux banques. Aucun investisseur étranger n’y figure. La répartition du capital, elle, n’est publiée nulle part : c’est la limite de ce que l’on peut établir.

Il faut mesurer ce que cela change. Une marque qui sous-traite peut changer de fournisseur, ou de pays, sans que rien ne le montre en rayon. Une marque qui possède ses lignes a immobilisé son capital dans un lieu précis : la décision industrielle et la décision commerciale sont prises au même endroit, et l’une engage l’autre.

Le choix du territoire n’est pas anodin non plus. Le groupe rappelle que la région a eu une industrie de la couche — Celatose, ses 2 000 salariés dans les années 1980, ses usines de Wasquehal et d’Avignon démantelées après les difficultés du début des années 1990 — et présente son implantation comme un retour. Il l’accompagne d’engagements d’insertion chiffrés : 30 % des collaborateurs recrutés sur le site ont plus de 50 ans, des postes sont ouverts aux chômeurs de longue durée, des ESAT sont associés.

Trois réserves

La première porte sur l’emploi. En 2021, le groupe annonçait 40 postes en 2022 et jusqu’à 100 emplois sous deux à trois ans. Rien ne permet de dire que l’objectif est atteint : la marque parle aujourd’hui de « plus de 50 personnes », et le registre classe la société de l’usine dans la tranche de 20 à 49 salariés en 2024. L’annonce reste une annonce.

La deuxième porte sur la gamme. Le groupe écrit avoir « fait le choix de la production française pour nos couches (hors pants) et nos cotons pads ». Les couches-culottes d’apprentissage sont hors de ce périmètre, et leur lieu de fabrication n’est pas indiqué.

La troisième commande le badge : l’origine des matières n’est pas publiée. À la question « Vos couches sont-elles fabriquées en France ? », la FAQ de Tidoo répond par la certification FSC de sa cellulose — une garantie de gestion forestière, pas de provenance. Une bannière évoque des « ingrédients locaux » sans en nommer un seul. Les polymères superabsorbants, eux, ne sont pas mentionnés.

Il faut pourtant être exact : le groupe démontre lui-même que ce n’est pas une fatalité. Sa gamme « Carryboo de nos Régions » revendique une cellulose provenant des Landes, un voile fabriqué près de Lille, des attaches conçues dans la région nantaise, et le label Origine France Garantie. Une filière amont française existe donc, au moins partiellement — elle n’est simplement pas revendiquée pour Tidoo. La note est réversible. Quant aux labels écologiques de la marque, FSC et Nordic Swan, ils portent sur la composition, pas sur l’origine : notre barème ne mesure que la seconde.

Face à qui

Pampers est née chez l’américain Procter & Gamble en 1961, selon le groupe lui-même : c’est à elle que l’on doit la couche jetable moderne, et cette avance industrielle reste sa force. Huggies a été lancée par l’américain Kimberly-Clark en 1978 ; le groupe a annoncé en octobre 2012 quitter la couche en Europe de l’Ouest et centrale, Italie exceptée — dans les rayons français, la concurrence réelle de Tidoo est donc surtout Pampers.

Deux autres sites français produisent des couches : les Celluloses de Brocéliande à Ploërmel, filiale d’ITM Entreprises, tête du Groupement Les Mousquetaires, qui fabrique les couches Pommette, et BB Distribe à Laval-sur-Vologne, dans les Vosges. Le rayon complet est détaillé dans notre article Couches : le rayon où l’on peut nommer l’usine.

En choisissant Tidoo, on achète une couche assemblée dans une usine française que son propriétaire a construite et qu’il contrôle — pas, en l’état de ce que publie la marque, une couche faite de matières françaises.

Infos sur la marque

Pourquoi choisir Tidoo ?

Une marque qui possède son usine

Naturopera a investi 14 millions d'euros dans un site de 18 000 m² à Bully-les-Mines, porté par sa filiale Natur'Anima, plutôt que de sous-traiter. Sur un rayon où beaucoup de marques font produire chez un tiers, c'est un engagement industriel d'une autre nature.

Un capital français et identifié

Deux fondateurs à la tête d'une holding immatriculée à Nanterre, une usine financée par Bpifrance, la Région Hauts-de-France, l'agglomération de Lens-Liévin et un fonds de Turenne Groupe : la chaîne de décision est localisable, contrairement aux deux géants américains qui structurent le rayon.

Une usine créée, pas transférée

Inauguré en octobre 2022, le site de Bully-les-Mines s'ajoute aux deux usines françaises de couches existantes, à Ploërmel et à Laval-sur-Vologne, au lieu de les remplacer.

Un recrutement inclusif chiffré

30 % des collaborateurs recrutés sur le site ont plus de 50 ans, avec des postes ouverts aux chômeurs de longue durée et une collaboration avec des ESAT.