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Michel Cluizel

Le chocolatier normand qui maîtrise la fève à la tablette

Ancrage français completCapitaux français · Conception française · Production française · Ressources mondiales tracées
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À propos de Michel Cluizel

Tout commence en 1948 dans une cuisine, au 23 rue de Verdun à Damville, en Normandie. Marc et Marcelle Cluizel, pâtissiers venus de Rambouillet, y fabriquent des bonbons de chocolat. Leur fils Michel donnera son nom à la marque. En 2005, il passe le relais à son fils Marc, entouré de son frère et de ses sœurs Catherine et Sylvie ; depuis 2023, ce sont les troisième et quatrième générations qui dirigent la Maison. La Manufacture est aujourd’hui présidée par G.P.F.I., une holding créée en 1977 que préside Marc Cluizel, avec Catherine Cluizel pour directrice générale déléguée. Le registre ne publie pas la répartition des parts : ce qui est établi, c’est une direction familiale de bout en bout, pas le détail de l’actionnariat.

Ce qui distingue Cluizel de la quasi-totalité du marché tient en un mot que la Maison a elle-même forgé et déposé en 2006 : Cacaofèvier®. Le métier existait, il n’avait pas de nom ; l’entreprise en a fait une désignation qui recouvre « les travaux de sélection des fèves, d’échange avec les planteurs, de torréfaction, de concassage et de broyage du grué en pâte de cacao ». Un chocolatier peut très bien travailler une couverture achetée à un fournisseur industriel ; ici, la chaîne va de la fève à la tablette.

Cette maîtrise a produit des premières. En 1989, la première tablette à 99 % de cacao — la Maison se présente d’ailleurs comme « le premier créateur Chocolatier à proposer des chocolats à plus de 70 % de cacao ». En 1999, le premier chocolat issu d’une plantation unique — la Hacienda Concepción, au Venezuela —, inaugurant des partenariats avec des planteurs que la Maison déclare « toujours actifs à ce jour ». En 2000, l’engagement « Ingrédients Nobles », qui est une exclusion plus qu’une promesse : pur beurre de cacao, vanille Bourbon en gousse et sucre, et rien d’autre — « garanties sans soja ou arôme ajouté ».

L’État a reconnu cet ensemble en 2012 par le label Entreprise du Patrimoine Vivant, et la nuance compte : ce label n’est pas acquis une fois pour toutes. Il est réattribué pour cinq ans à chaque examen, la Maison devant « régulièrement démontrer que son savoir-faire satisfait toujours aux exigences ».

Face à Lindt, groupe suisse coté en Bourse, et à Ferrero, groupe familial italien dont la holding est établie au Luxembourg, Cluizel joue sur le même terrain de gamme mais avec un tout autre modèle et une tout autre échelle : une PME de 100 à 199 salariés, 22,9 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024, une direction familiale et une fabrication normande. La marque a ouvert en 2007 un siège américain et une boutique à West Berlin, dans le New Jersey, mais le chocolat, lui, part de Damville : en 2014, le Philadelphia Inquirer y décrivait l’arrivée d’un conteneur de France toutes les trois à quatre semaines.

Le catalogue recoupe d’ailleurs celui de Ferrero sur ses deux segments emblématiques : la Maison propose une gamme de pâtes à tartiner — le terrain du Nutella — et des rochers au chocolat, aux côtés des coffrets, bouchées, mendiants, dragées et oursons guimauve. La différence n’est pas le rayon, c’est l’échelle et la composition.

Reste la limite, qu’il faut nommer sans détour : le cacaoyer ne pousse pas en France. L’intégralité des fèves vient de zones tropicales — la Maison parle de « planteurs d’excellence sur les trois continents du cacao » —, comme pour l’ensemble de l’industrie chocolatière mondiale, sans exception possible. Au barème, un 2 exigerait des ressources majoritairement européennes, ce qu’aucun chocolat ne peut revendiquer. Les partenariats de plantation nommés valent à la Maison le 1, « ressources mondiales tracées », là où une marque qui ne publie aucune origine descend à 0.

Une seconde limite est tarifaire, et elle détermine à qui s’adresse cette fiche. Les coffrets vont de 16 euros l’étui de seize carrés de plantation à 108 euros le coffret de soixante-dix chocolats. C’est le prix du chocolat de spécialité. Pour remplacer une tablette de grande surface à deux euros, ce n’est pas ici qu’il faut chercher — voir plutôt Poulain ou Cémoi. Pour remplacer une boîte à offrir, une tablette de dégustation ou un pot de pâte à tartiner par un produit dont on connaît le site de fabrication, la plantation d’origine et la liste d’ingrédients, Cluizel répond.

Ce que l’on achète ici, au fond : un chocolat torréfié, broyé et moulé à Damville par une entreprise que la même famille dirige depuis 1948, à partir de fèves tropicales dont une partie est suivie jusqu’à la plantation — et non une tablette de grande consommation.

À noter : la maison signe aujourd’hui ses produits « CLUIZEL » plutôt que « Michel Cluizel », et son site est passé de chocolatmichelcluizel.com à cluizel.com.

Infos sur la marque

Pourquoi choisir Michel Cluizel ?

Chocolaterie familiale indépendante

Face à Lindt, groupe suisse coté à la Bourse suisse, et à Ferrero, dont la holding est établie au Luxembourg, Cluizel reste une entreprise française dirigée par la famille fondatrice depuis 1948, par l'intermédiaire d'une holding que préside Marc Cluizel.

Fabrication intégrée en Normandie

L'entreprise transforme elle-même ses fèves, de la torréfaction au broyage jusqu'à la tablette — un métier qu'elle a nommé et déposé sous le terme Cacaofèvier®.

Label d'État renouvelé

Entreprise du Patrimoine Vivant depuis 2012, distinction réattribuée tous les cinq ans après réexamen du savoir-faire.

Relations directes avec les producteurs

Depuis 1999 et le premier chocolat issu d'une plantation unique, des partenariats avec des planteurs identifiés, toujours actifs.

Marques remplacées par Michel Cluizel

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