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Alélor

L'artisan de tous vos accords

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À propos de Alélor

Face à Heinz, Hellmann’s et Kühne, Alélor oppose ce qu’aucun des trois ne peut revendiquer en France : une usine qui transforme sur place une partie des plantes cultivées autour d’elle. Mais la promesse d’une moutarde alsacienne de la graine au pot n’est tenue qu’à moitié, et la fiche le dit.

La maison date sa fondation de 1873, lorsque Jean Stumpf ouvre une moutarderie ; la marque Alélor, contraction d’Alsace et de Lorraine, est déposée en 1939. Elle est aujourd’hui la dernière moutarderie d’Alsace, installée à Mietesheim, dans le Bas-Rhin. Son histoire n’est pas celle d’une indépendance ininterrompue : de 1981 à 2006, elle a été une filiale de Coop Alsace, avant d’être reprise par la famille Trautmann, déjà propriétaire du fabricant de raifort Raifalsa. Les deux sociétés ont fusionné en 2009. Le registre des entreprises recoupe ce récit : Alélor y figure sous le SIREN 414527291, siège à Mietesheim, enseigne RAIFALSA-ALELOR, PME de 20 à 49 salariés certifiée bio, présidée par la société Alain Trautmann Développement — un contrôle familial exercé par l’intermédiaire d’une holding. Raifalsa-Alélor, l’entité absorbée, y est bien enregistrée comme cessée. Le capital est français et familial, la conception et la fabrication se font à Mietesheim : trois critères à 3, établis ailleurs que sur le site de la marque.

La réussite la plus solide tient au raifort. Alélor est le seul transformateur de racines de raifort en France, et son président affirme un approvisionnement 100 % alsacien, assuré par une quinzaine de planteurs réunis dans la coopérative Alsaraifort. La seconde tient à la graine de moutarde : sa culture avait disparu de la région, et l’entreprise l’a relancée en 2008 avec la Chambre d’agriculture. Cette filière a fait ses preuves en 2022 : quand la sécheresse canadienne a vidé les rayons, ses 15 agriculteurs, sur 75 hectares, couvraient les deux tiers des besoins, et l’usine a continué de livrer. Elle a grandi depuis : 29 agriculteurs y participaient en 2024.

Trois réserves, cependant.

La première commande la note. L’autonomie en graines n’est pas atteinte, et les chiffres publiés ne concordent pas : deux tiers de graines alsaciennes en 2022, une dépendance « à 50 % des approvisionnements extérieurs » selon Le Journal des Entreprises en 2024, puis 60 % de graines françaises selon la marque en 2025, dans un article de partenariat commercial. Aucune de ces mesures n’établit une majorité française durable ; toutes s’accordent sur un complément européen. Les matières premières sont donc notées 2, et c’est cette note qui fixe le badge.

La deuxième touche les pickles, le rayon où Alélor rencontre Kühne. Les cornichons viennent pour l’essentiel de producteurs allemands, partenaires depuis 25 ans. Une filière française a été relancée, mais seuls certains produits portent la mention d’une culture en France : il faut lire l’étiquette.

La troisième est pratique. En 2022, les enseignes d’Alsace et de Lorraine achetaient la moitié de la production : hors du Grand Est, la marque reste difficile à trouver.

Côté engagements de composition, on s’en tient à ce que la marque déclare : pas d’huile de palme, des additifs non indispensables supprimés, des œufs de plein air français dans les mayonnaises. Aucun tiers ne l’a audité.

Face aux marques ciblées, l’écart est industriel. Heinz appartient à Kraft Heinz, Hellmann’s à Unilever, Kühne à un groupe allemand de Hambourg : leurs condiments arrivent en France tout faits. Ces groupes ont pour eux une distribution partout et une régularité que la PME n’a pas.

Ce que le lecteur achète, au fond : un pot fabriqué en Alsace par une entreprise familiale, dont le raifort est alsacien et dont les graines le sont pour une bonne part — pas en totalité.

Infos sur la marque

Pourquoi choisir Alélor ?

Une filière de graines rebâtie

La culture de la graine de moutarde avait disparu d'Alsace ; Alélor l'a relancée en 2008 avec la Chambre d'agriculture ; elle est passée de 15 agriculteurs en 2022 à 29 en 2024.

Le seul raifort transformé en France

Alélor est l'unique transformateur de racines de raifort du pays, approvisionné à 100 % par des planteurs alsaciens selon son président.

Une composition revendiquée sobre

La marque dit bannir l'huile de palme et supprimer les additifs non indispensables ; ses mayonnaises utilisent des œufs de plein air français.

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