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Ecodis

L'éco-produit breton, avec sa propre huilerie-savonnerie

Ancrage français fortCapitaux français · Conception française · Production européenne · Ressources européennes
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À propos de Ecodis

Écodis vend des éponges, des brosses et des lavettes face à Spontex, Scotch-Brite et Vileda. Mais ce n’est pas un fabricant d’éponges : c’est un distributeur breton de produits écologiques, qui conçoit ses gammes, en fabrique une partie dans sa propre huilerie et achète le reste. La question de cette fiche est donc double : à qui appartient l’entreprise, et d’où viennent les objets qu’elle vend.

Une précision d’abord. Cette fiche a longtemps situé Écodis dans l’Yonne ; l’entreprise est morbihannaise, installée à Saint-Nolff depuis sa création en 2000. Et depuis l’été 2026, ses produits ne s’appellent plus La Droguerie Écologique : ses six marques ont été réunies sous le nom Grand Beau, dont les emballages remplacent progressivement les anciens en rayon.

Un capital hors marché

C’est le fait le plus singulier de la fiche. Depuis le 1er janvier 2017, la totalité du capital d’Écodis appartient à Écodyssée, un fonds de dotation, c’est-à-dire une structure à but non lucratif. Didier Le Gars, fondateur et président, l’expliquait à Bretagne Économique en mars 2020 : le fonds « détient 100 % du capital » et « nous met à l’abri d’un rachat ». Le registre des entreprises ne nomme qu’un dirigeant personne physique, lui, et classe la société parmi les PME de 50 à 99 salariés.

Face à des marques qui appartiennent à 3M (Scotch-Brite) ou à l’allemand Freudenberg (Vileda), la différence n’est pas de nationalité seulement : Écodis a organisé son capital pour ne pas pouvoir être racheté, du moins tant que le fonds le détient. Capitaux et conception sont notés 3.

Ce qui est fabriqué en France

L’article le plus proche d’une éponge Spontex, la grattante « en fibres recyclées », a une partie éponge en cellulose fabriquée en France et un grattoir fabriqué en Europe à partir de bouteilles recyclées. La lavette essuie-tout est d’origine France. Plus largement, Écodis publie une répartition de ses achats que presque personne ne publie sur ce rayon : 57,11 % en France, dont 11,88 % en Bretagne, 25,72 % en Europe limitrophe, 11,15 % dans le reste de l’Europe, 6,02 % hors d’Europe.

Et l’entreprise a fait ce que le rayon entretien ne fait pas : elle a créé en 2020, à Péaule, une huilerie-savonnerie qui presse colza, lin, cameline et chanvre achetés à des agriculteurs bretons, pour « éviter d’utiliser des huiles d’importation ». Cette usine produit les savons, dont le savon noir — pas les éponges.

Trois réserves

La première : la gamme vaisselle est mélangée. Les deux brosses en coco sont fabriquées au Sri Lanka, dans une usine certifiée SA8000 ; l’éponge en luffa vient du Bénin, d’un projet agricole que l’entreprise soutient ; l’éponge en cuivre est dite « Europe », sans pays. Écodis ne dit pas ce que chaque article pèse dans ses ventes. Une part française est établie, une majorité ne l’est pas : la fabrication reste à 2.

La deuxième : le chiffre de 57 % n’a pas d’année. La légende parle de 2021, mais le graphique compare lui-même ses chiffres à ceux de 2021, où les achats hors d’Europe pesaient 13,28 %. Il porte donc sur une année plus récente, qui n’est écrite nulle part. La tendance est favorable ; la date manque.

La troisième : ce chiffre mesure des achats, pas des matières. Il dit où est installé le fournisseur, pas d’où vient la fibre ou l’huile. Le coco du Sri Lanka, le luffa du Bénin, et une préférence européenne que l’entreprise « privilégie » sans l’imposer : les matières premières restent notées 2.

Face à qui

Spontex, Scotch-Brite et Vileda vendent des éponges synthétiques conçues par de grands groupes industriels. Écodis vend un assortiment plus disparate, dont une partie est fabriquée en France et une autre en Asie ou en Afrique, par une entreprise dont le capital est hors marché. Ce que le lecteur achète, c’est moins une éponge française qu’une entreprise bretonne dont le capital n’est pas à vendre, et qui publie d’où viennent ses achats — y compris quand la réponse est le Sri Lanka.

Infos sur la marque

Pourquoi choisir Ecodis ?

Un capital protégé contre le rachat

Depuis 2017, la totalité du capital appartient au fonds de dotation Écodyssée, une structure à but non lucratif que le fondateur présente comme ce qui « met à l'abri d'un rachat ».

Une éponge cellulose fabriquée en France

La partie éponge de la grattante en fibres recyclées est fabriquée en France, son grattoir en Europe à partir de bouteilles plastiques recyclées ; la lavette essuie-tout est d'origine française.

Une filière d'oléagineux recréée en Bretagne

L'huilerie-savonnerie Écoprod, à Péaule depuis 2020, presse colza, lin, cameline et chanvre bio achetés aux agriculteurs locaux — explicitement pour éviter les huiles d'importation.

Une origine des achats publiée

57,11 % des achats en France, 6,02 % hors d'Europe : peu d'entreprises du rayon publient cette répartition, même si l'année de référence n'est pas indiquée.