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Biovie

Ancrage français completCapitaux français · Conception française · Production européenne · Ressources mondiales tracées
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À propos de Biovie

Sur un rayon où presque toutes les marques françaises ont fini par être vendues, en voici une dont le propriétaire organise juridiquement l’inverse. Reste à savoir ce que la marque publie sur ses usines et ses ingrédients : beaucoup moins.

Le capital, et ce qui le rend inhabituel

Biovie est la marque d’entretien de Compagnie Léa Nature, groupe créé en 1993 par Charles Kloboukoff et installé à Périgny, près de La Rochelle. Au registre des entreprises, la société de tête est une SAS dont le siège est avenue Paul Langevin à Périgny et dont Charles Kloboukoff est le président. Le groupe se présente comme « un village d’entreprises familiales et indépendantes » et comme le « premier fabricant français de produits bio et naturels » — une formule qui est la sienne, et que nous rapportons sans la reprendre à notre compte.

Le capital est d’abord familial. En octobre 2021, la presse professionnelle décrivait Charles Kloboukoff comme « président-fondateur et actionnaire majoritaire », sa holding familiale CK Invest détenant 63 % du capital. C’est cette source, extérieure au groupe, qui fonde notre note de capitaux.

Le fait qui rend le cas inhabituel est ailleurs. Le fondateur transmet progressivement ses actions à F.I.C.U.S Fondaction, un fonds de dotation actionnaire. Les objectifs affichés du montage méritent d’être cités tels quels : « garantir l’indépendance capitalistique et la pérennité du groupe », et « maintenir son ancrage territorial et rendre impossible sa délocalisation ».

Il faut mesurer ce que cela signifie sur ce rayon précis. Le Chat et Maison Verte appartiennent à l’allemand Henkel, qui a racheté Maison Verte en juillet 2021 avec la société Swania ; L’Arbre Vert appartient à l’italien Sodalis. Ces marques étaient détenues par des actionnaires libres de vendre — et qui ont vendu. Un fonds de dotation actionnaire poursuit l’objectif opposé : rendre la cession difficile, voire dénuée de sens.

Mais il faut dire où en est réellement l’opération. Le premier don, en décembre 2021, a porté sur 6,3 % des actions, et la transmission « se terminera au plus tard au décès de Charles Kloboukoff ». La page que le groupe consacre au fonds, mise à jour en juillet 2026, ne mentionne aucun transfert depuis. La répartition du reste du capital n’est pas publiée dans les sources que nous avons consultées. Nous notons donc l’état présent — un actionnariat familial et français —, pas l’intention.

Ce qui limite le badge

Deux critères empêchent le maximum, et ils tiennent tous deux à ce qui n’est pas publié.

La fabrication d’abord. Le site de la marque revendique « 16 unités de production en France » pour l’ensemble du groupe, sans dire laquelle produit les lessives. La page du groupe consacrée à ses sites de fabrication en présente quatorze. Celles que nous avons ouvertes décrivent des thés et compléments alimentaires à Périgny, des extraits de plantes chez Natéva, des salades à Saint-Chamond, des protéines végétales à Saragosse, un entrepôt de distribution en Belgique : aucune ne mentionne Biovie ni un atelier de détergents. La production française est donc revendiquée sans être documentée, et la note est abaissée sans être minimale.

Les matières premières ensuite, et c’est elle qui commande le badge. Biovie est plus précise que la plupart de ses concurrentes sur la composition : ses lessives sont faites de « savon de lin et d’agents lavants doux issus du tournesol et de coco », sans huile de palme, avec « plus de 90 % d’ingrédients d’origine naturelle ». L’absence d’huile de palme est un vrai choix de formulation. Mais une composition n’est pas une provenance : le coco ne pousse pas en Europe, et la marque n’indique pas d’où viennent son lin et son tournesol, qui pourraient pourtant l’être. Tant que cette origine n’est pas publiée, la note reste à 1.

Ce qui se vérifie

Les produits portent la certification Ecocert Écodétergent, délivrée par un organisme tiers : 55 références du catalogue en bénéficient. C’est la différence entre une allégation et une preuve — sur ce linéaire, la mention « respectueux de l’environnement » est le plus souvent auto-attribuée.

Les emballages sont annoncés « de 30 à 100 % recyclés et entièrement recyclables », les plus récents étant 100 % recyclés et fabriqués en France.

La marque est enfin membre du collectif 1% for the Planet et reverse 1 % de son chiffre d’affaires à des initiatives environnementales — avec des bénéficiaires nommés, la LPO en France et Kalaweit en Indonésie, ce qui vaut mieux qu’un engagement énoncé en général. À l’échelle du groupe, la démarche remonte à 2007, et Compagnie Léa Nature annonce 1 451 022 euros cumulés pour la planète en 2026.

Une nuance sur le périmètre

« Village d’entreprises familiales » décrit bien l’origine, moins l’actualité. Le 6 juillet 2026, le groupe a annoncé « continuer son développement européen avec l’acquisition de Nagual Alimentación par Biocop en Espagne », et son portefeuille comprend déjà Biocop en Espagne et Bio-Organica Italia. L’ancrage français reste la règle et le fonds de dotation vise explicitement à le sanctuariser — mais le groupe est désormais un acteur européen, pas seulement rochelais.

Face à qui

Ariel appartient à l’américain Procter & Gamble, Skip au britannique Unilever, Le Chat et Maison Verte à l’allemand Henkel, Rainett à l’allemand Werner & Mertz — qui commercialise cette marque sous le nom de Frosch dans son pays d’origine. Leur force est connue : une distribution partout et des formules éprouvées à très grande échelle.

Quatre autres alternatives sont référencées sur ce rayon : La Corvette, savonnerie marseillaise ; Étamine du Lys, du groupe familial Nature & stratégie ; Briochin, du groupe Altaïr, contrôlé par Eurazeo ; et L’Arbre Vert, fabriquée en France mais détenue par Sodalis. Le rayon complet, et ce qu’il révèle, sont détaillés dans notre article Lessives : la marque française est une espèce en voie de disparition.

Ce que l’on achète avec Biovie, c’est une lessive certifiée par un tiers, vendue par un groupe familial français dont le capital est organisé pour ne jamais être cédé. Ce que l’on n’achète pas, faute de publication : la garantie d’une usine française identifiée, ni celle d’ingrédients cultivés en Europe.

Infos sur la marque

Pourquoi choisir Biovie ?

Un capital organisé pour ne pas être vendu

Le fondateur, actionnaire majoritaire, transmet progressivement ses actions à un fonds de dotation dont l'objectif affiché est de rendre la délocalisation impossible. Sur ce rayon, c'est l'inverse de ce qu'ont fait les marques concurrentes.

Une certification par un tiers

Ecocert Écodétergent est un référentiel contrôlé par un organisme indépendant, et 55 références du catalogue le portent. Sur un rayon saturé d'allégations vertes auto-décernées, c'est la seule forme de preuve qui se vérifie.

Un reversement chiffré, des bénéficiaires nommés

1 % du chiffre d'affaires au collectif 1% for the Planet, avec la LPO et Kalaweit cités explicitement — pas un engagement en général.

Une gamme d'entretien complète

Lessives, détachants, assouplissants, cristaux de soude, produits vaisselle et nettoyants ménagers : le rayon entier peut être remplacé, pas seulement un produit isolé.