Renault
Passion for life
Niveau d'engagement local
Le badge correspond au critère le plus faible : aucune note ne peut en compenser une autre.
À propos de Renault
Officiellement créée le 25 février 1899 à Boulogne-Billancourt par les frères Louis, Marcel et Fernand Renault, Renault est l’un des plus anciens constructeurs automobiles encore en activité au monde — plus d’un siècle avant l’arrivée en Europe des constructeurs chinois auxquels le groupe se mesure aujourd’hui. L’entreprise reste un pilier industriel français, mais son actionnariat et sa production se sont mondialisés à mesure que le groupe s’est développé, et c’est cette tension qui structure la note de cette fiche.
Un actionnariat ancré en France, sans y être majoritaire
Au 31 décembre 2025, l’État français détenait 15,01 % du capital de Renault Group, à peu près à égalité avec Nissan (15,00 %) — un partenaire industriel japonais, et non français. Les salariés actionnaires en détenaient 6,12 %, et le groupe conservait 1,99 % d’actions propres. Le solde, soit 61,88 % du capital, circule en flottant public, majoritairement détenu par des investisseurs institutionnels internationaux. Additionnés, l’État et les salariés pèsent davantage que Nissan seul, une singularité qu’aucun des constructeurs étrangers ciblés par cette fiche ne partage. Mais ce n’est pas un actionnariat majoritairement français pour autant : c’est ce qui fixe la note de capitaux à 2.
Une ingénierie qui reste française, mais qui se restructure
La conception des véhicules Renault, Dacia et Alpine est pilotée depuis le Technocentre de Guyancourt (Yvelines), un site de 150 hectares ouvert en 1998 qui emploie 9 100 salariés de 67 nationalités, dont 77 % occupent un poste d’ingénieur ou de cadre. Ce pôle n’est cependant pas à l’abri des arbitrages budgétaires : le plan « FutuREady », annoncé le 10 mars 2026, prévoit 600 à 650 suppressions nettes de postes dans l’ingénierie française, avec Guyancourt comme site le plus touché du pays, 800 départs volontaires programmés d’ici fin 2027, et seulement 150 à 200 recrutements ciblés pour compenser. La fonction reste française ; ses effectifs, eux, reculent.
L’électrique se fabrique dans le Nord…
Lancée le 1er novembre 2023, la division Ampere pilote depuis la France la conception et la fabrication des véhicules électriques du groupe, avec plus de 11 000 salariés dont 35 % d’ingénieurs. Sa vitrine industrielle est le pôle ElectriCity, réparti entre Douai, Maubeuge et Ruitz dans les Hauts-de-France : en 2024, l’usine de Douai a produit 25 379 Renault 5 E-Tech, 30 260 Mégane E-Tech et 34 282 Scénic E-Tech, celle de Maubeuge 9 509 Kangoo 3 E-Tech et 71 856 Kangoo 3, et celle de Ruitz a livré 8,09 millions de composants de boîtes de vitesses pour l’ensemble du groupe.
… mais les meilleures ventes restent assemblées hors de France
C’est là que se loge la principale réserve de cette fiche. La Clio, modèle le plus vendu de la gamme, est assemblée à Bursa, en Turquie, dans une usine détenue à 51 % par Renault et 49 % par le fonds turc Oyak : 252 487 Clio 5 et 23 626 Clio 6 en sont sorties en 2025, aux côtés du Duster et du Boreal. Le site tourne à plein régime — environ 390 000 véhicules par an, soit une Clio toutes les 68 secondes — et plus de 90 % de sa production part à l’export. Le Captur, deuxième best-seller du groupe, est pour sa part fabriqué en Espagne, à Valladolid, où Renault assemble l’ensemble de la gamme depuis 2013, y compris la version hybride rechargeable. C’est cette réalité — une électrification qui se relocalise pendant que les meilleures ventes thermiques et hybrides restent en Turquie et en Espagne — qui fixe la note de fabrication à 2.
Des cellules relocalisées, des matières premières hors de portée
Sur les batteries, Renault a engagé une relocalisation réelle de l’assemblage des cellules. La gigafactory AESC de Douai, mise en service en 2025 pour un investissement de 1,3 milliard d’euros, affiche une capacité de 10 GWh par an — de quoi équiper environ 200 000 véhicules électriques — et emploie déjà 650 salariés sur un objectif de 1 000 ; sa première production alimente la Renault 5. À Dunkerque, le partenariat avec Verkor doit créer 1 200 emplois directs et plus de 3 000 emplois indirects, avec une capacité passant de 16 GWh en 2025 à 50 GWh en 2030 ; les premières livraisons de batteries à Renault sont intervenues au second semestre 2025. Mais assembler des cellules n’est pas extraire ou raffiner les matériaux qui les composent. Pour le lithium, le cobalt, le nickel et le graphite, la part de marché cumulée des trois premiers pays extracteurs est passée de 73 % en 2020 à 77 % en 2024, et celle des trois premiers pays raffineurs de 82 % à 86 % sur la même période, selon l’Agence internationale de l’énergie : la RD Congo domine l’extraction de cobalt, l’Indonésie celle du nickel, et la Chine reste le raffineur dominant pour 19 des 20 minéraux énergétiques suivis, avec une part de marché moyenne d’environ 70 %. Aucun constructeur européen, Renault compris, ne maîtrise ce maillon — c’est ce qui fixe la note de matières premières à 1.
Ce que l’on achète réellement chez Renault
Choisir Renault, c’est financer un groupe où l’État et les salariés pèsent ensemble plus lourd que le partenaire japonais Nissan, dont l’ingénierie reste conçue en France malgré des coupes récentes, et dont l’électrification se fabrique désormais à Douai, à Maubeuge et bientôt à Dunkerque. Ce n’est pas acheter un véhicule assemblé sur le sol national : la Clio vient de Turquie, le Captur d’Espagne, et les matériaux des batteries — cobalt congolais, nickel indonésien, graphite raffiné en Chine — échappent à tout contrôle européen, chez Renault comme chez ses concurrents.
Infos sur la marque
- ✓Officiellement créée le 25 février 1899 à Boulogne-Billancourt par les frères Louis, Marcel et Fernand Renault, l'entreprise est l'un des plus anciens constructeurs automobiles encore en activité au monde. Source : Histoire de l'entreprise Renault — « la société Renault Frères […] fut officiellement créée le 25 février 1899 par Louis, Marcel et Fernand Renault, au 10 rue du Cours à Boulogne-Billancourt » — Wikipédia
- ✓Au 31 décembre 2025, l'État français détenait 15,01 % du capital de Renault Group, à peu près à égalité avec Nissan (15,00 %) ; les salariés actionnaires en détenaient 6,12 % et le groupe 1,99 % en actions propres. Source : Chiffres clés — répartition du capital au 31 décembre 2025 : État 15,01 %, Nissan Finance Co. 15,00 %, salariés 6,12 %, actions propres 1,99 %, flottant 61,88 % — Renault Group, page Finance — Chiffres clés
- ⚠Ces 15,01 % et 15,00 % restent minoritaires : 61,88 % du capital circule en flottant public, majoritairement détenu par des investisseurs institutionnels internationaux. C'est ce qui fixe la note de capitaux à 2 : un ancrage français réel, mais pas un actionnariat majoritairement français. Source : Chiffres clés — flottant public de 61,88 % au 31 décembre 2025 — Renault Group, page Finance — Chiffres clés
- ✓Le Technocentre de Guyancourt (Yvelines), site de 150 hectares ouvert en 1998, emploie 9 100 salariés de 67 nationalités, dont 77 % en poste d'ingénieur ou de cadre : c'est là que sont conçus les véhicules Renault, Dacia et Alpine. Source : Technocentre, leading automotive R&D center in Europe — 150 hectares, 9 100 collaborateurs, 67 nationalités, 77 % en poste d'ingénieur ou de cadre — Renault Group, page Implantations — Technocentre
- ⚠Ce pôle d'ingénierie n'est pas à l'abri des restructurations. Le plan « FutuREady », annoncé le 10 mars 2026, prévoit 600 à 650 suppressions nettes de postes dans l'ingénierie française — Guyancourt étant le site le plus touché du pays —, avec 800 départs volontaires programmés d'ici fin 2027 et seulement 150 à 200 recrutements ciblés pour compenser. Source : Renault supprime 650 postes au Technocentre de Guyancourt, site le plus touché en France — plan « FutuREady » du 10 mars 2026, 800 départs volontaires d'ici fin 2027, 150 à 200 recrutements ciblés — Infos Yvelines, 2026
- ✓Lancée le 1er novembre 2023, la division Ampere pilote depuis la France la conception et la fabrication des véhicules électriques du groupe, avec plus de 11 000 salariés dont 35 % d'ingénieurs. Source : Ampere, le challenger européen — lancement le 1er novembre 2023, plus de 11 000 collaborateurs dont 35 % d'ingénieurs — Renault Group, Newsroom
- ✓Le pôle ElectriCity (Douai, Maubeuge, Ruitz) fabrique en France les modèles électriques du groupe. En 2024, Douai a produit 25 379 Renault 5 E-Tech, 30 260 Mégane E-Tech et 34 282 Scénic E-Tech ; Maubeuge, 9 509 Kangoo 3 E-Tech et 71 856 Kangoo 3 ; Ruitz a livré 8,09 millions de composants de boîtes de vitesses. Source : Renault renforce ses usines du pôle Ampere ElectriCity — production 2024 par usine (Douai : 25 379 R5 E-Tech, 30 260 Mégane E-Tech, 34 282 Scénic E-Tech ; Maubeuge : 9 509 Kangoo 3 E-Tech, 71 856 Kangoo 3 ; Ruitz : 8,09 millions de composants de boîtes de vitesses) — L'Argus, actualité automobile
- ⚠La Clio, modèle le plus vendu de la gamme, est assemblée à Bursa, en Turquie, dans une usine détenue à 51 % par Renault et 49 % par le fonds turc Oyak : 252 487 Clio 5 et 23 626 Clio 6 en sont sorties en 2025, aux côtés du Duster et du Boreal. Source : Usine de Bursa (OYAK RENAULT) — détenue à 51 % par Renault et 49 % par Oyak ; production 2025 : 252 487 Clio 5, 23 626 Clio 6, Duster, Boreal — Renault Group, page Implantations — Bursa
- ⚠Le site de Bursa tourne à plein régime — environ 390 000 véhicules par an, soit une Clio toutes les 68 secondes —, et plus de 90 % de sa production part à l'export, hors du territoire français. Source : Renault Clio 6 2026 : début de la production à Bursa en Turquie — environ 390 000 véhicules par an, une Clio toutes les 68 secondes, plus de 90 % exportés — Motors Actu, 2026
- ⚠Le Captur, deuxième modèle du groupe par les volumes, est fabriqué en Espagne, à Valladolid, où Renault assemble la gamme depuis 2013, y compris la version hybride rechargeable. C'est cette réalité, conjuguée à celle de la Clio, qui fixe la note de fabrication à 2 malgré la montée en puissance de la production électrique française. Source : Le Renault Captur hybride rechargeable sera fabriqué en Espagne — assemblage de la gamme Captur à Valladolid depuis 2013 — Automobile Propre
- ✓La gigafactory AESC de Douai, mise en service en 2025 pour un investissement de 1,3 milliard d'euros, affiche une capacité de 10 GWh par an (environ 200 000 véhicules électriques) et emploie déjà 650 salariés sur un objectif de 1 000 ; sa première production alimente la Renault 5. Source : AESC kicks off battery production at Douai gigafactory — capacité 10 GWh/an (~200 000 véhicules électriques), 650 salariés visant 1 000, investissement 1,3 milliard d'euros, première production pour la Renault 5 — Electrive.com, 10 juin 2025
- ✓À Dunkerque, le partenariat avec Verkor doit créer 1 200 emplois directs et plus de 3 000 emplois indirects, avec une capacité passant de 16 GWh en 2025 à 50 GWh en 2030 ; les premières livraisons de batteries à Renault sont intervenues au second semestre 2025. Source : Verkor choisit Dunkerque pour sa première Gigafactory — 1 200 emplois directs et plus de 3 000 emplois indirects, capacité de 16 GWh (2025) à 50 GWh (2030), livraisons à Renault dès le second semestre 2025 — Région Hauts-de-France
- ⚠Assembler des cellules ne veut pas dire extraire ou raffiner les matériaux qui les composent. Pour le lithium, le cobalt, le nickel et le graphite, la part de marché cumulée des trois premiers pays extracteurs est passée de 73 % en 2020 à 77 % en 2024, et celle des trois premiers pays raffineurs de 82 % à 86 % : la RD Congo domine l'extraction de cobalt, l'Indonésie celle du nickel, et la Chine reste le raffineur dominant pour 19 des 20 minéraux énergétiques suivis, avec une part de marché moyenne d'environ 70 %. Aucun constructeur européen, Renault compris, ne maîtrise ce maillon — c'est ce qui fixe la note de matières premières à 1. Source : Global Critical Minerals Outlook 2025 — Executive summary : concentration de l'extraction (73 % à 77 % entre 2020 et 2024 pour les trois premiers pays) et du raffinage (82 % à 86 %), Chine raffineur dominant pour 19 des 20 minéraux (part moyenne ~70 %), RD Congo (cobalt), Indonésie (nickel) — Agence internationale de l'énergie (AIE/IEA), Global Critical Minerals Outlook 2025
Pourquoi choisir Renault ?
Un ancrage capitalistique français réel
L'État (15,01 %) et les salariés actionnaires (6,12 %) pèsent ensemble davantage que le partenaire japonais Nissan (15,00 %) seul — une singularité qu'aucun des constructeurs étrangers ciblés ne partage.
Une ingénierie pilotée depuis la France
9 100 salariés au Technocentre de Guyancourt, dont 77 % d'ingénieurs et de cadres, conçoivent l'ensemble des véhicules Renault, Dacia et Alpine — malgré des coupes d'effectifs récentes dans l'ingénierie française.
L'électrique fabriqué dans le Nord
Le pôle ElectriCity (Douai, Maubeuge, Ruitz) assemble en France la R5 E-Tech, la Mégane E-Tech, la Scénic E-Tech et les Kangoo électriques, au sein d'une division Ampere de plus de 11 000 salariés.
Une filière batterie qui se construit sur le territoire
Les gigafactories AESC (Douai, 10 GWh/an) et Verkor (Dunkerque, jusqu'à 50 GWh en 2030) relocalisent l'assemblage des cellules, pour plusieurs milliers d'emplois directs et indirects.