Lip
LIP dessine le temps
Niveau d'engagement local
Le badge correspond au critère le plus faible : aucune note ne peut en compenser une autre.
À propos de Lip
LIP se présente comme « la doyenne des marques de montres françaises encore en activité », et son histoire pèse plus lourd que ses montres. D’après l’historique publié par la marque, Emmanuel Lipmann fonde un petit atelier d’horlogerie à Besançon en 1867 ; en 1904, la maison demande à Pierre et Marie Curie une matière qui permette de lire l’heure dans l’obscurité. En 1973, les ouvriers de l’usine occupée forment la première usine autogérée — « on fabrique, on vend, on se paie ». Suivent la liquidation de 1977, plusieurs reprises, un rachat en 1990 par un groupe installé dans le Gers, et une période où une partie de la production est externalisée en Asie, dans les années 2000. Le nom survit ; le contenu industriel, beaucoup moins.
Le retour se fait en deux temps. En 2014, la Société des Montres Bisontines (SMB), entreprise familiale de Châtillon-le-Duc, au nord de Besançon, obtient une licence d’exploitation de dix ans ; la presse locale annonce les premières livraisons pour juin 2015, avec un objectif d’environ 30 000 montres par an. SMB fabrique et vend alors des LIP sans posséder le nom — une situation que peu d’acheteurs percevaient. En septembre 2024, elle acquiert la marque : le précédent propriétaire, le groupe MGH, l’a annoncé dans un communiqué du 30 septembre 2024. Marque, exploitation et outil industriel sont désormais réunis dans le bassin d’origine.
Qui possède SMB ? Le registre des entreprises n’est pas un registre d’actionnaires, mais il est net : S.M.B. Horlogerie, SAS créée en 1984, est présidée par Philippe Bérard et dirigée par Pierre-Alain Bérard, sans aucune personne morale parmi ses dirigeants. C’est l’indice d’un contrôle familial, que rien dans nos sources ne contredit. L’entreprise emploie de 100 à 199 salariés (2023) et a déclaré 25,3 M€ de chiffre d’affaires en 2024, pour 1,55 M€ de résultat net. Ces comptes couvrent toute son activité, dont LIP n’est qu’une partie : dès 2015, SMB vendait quelque 1,5 million de montres par an, quand LIP en visait 30 000.
Ce qui se passe dans l’atelier mérite d’être décrit précisément, parce que c’est là que beaucoup de marques se contentent d’un geste symbolique. À Châtillon-le-Duc, les opérations comprennent l’assemblage du cadran, du mouvement et des aiguilles, l’emboîtage, le réglage des calibres mécaniques, les tests d’étanchéité et le contrôle final. Ce n’est pas un changement de bracelet avant fermeture du boîtier : des horlogers formés sur place interviennent réellement sur le produit.
Trois réserves s’imposent pourtant, et la marque ne les cache pas.
Première réserve : le moteur vient d’ailleurs. La majorité du catalogue utilise des mouvements importés : calibres à quartz Ronda fabriqués en Suisse, automatiques Miyota (groupe Citizen) et TMI (groupe Seiko Epson) fabriqués au Japon. Le calibre G100 naît chez La Joux-Perret, en Suisse, avant d’être assemblé et réglé à Besançon par le partenaire Humbert-Droz. LIP le documente ouvertement sur sa page consacrée aux mouvements. C’est ce qui retient la fabrication à 2 et, parce que ces calibres sont conçus par leurs fabricants, la conception à 2 également : la R&D française que la marque documente porte sur le R26, pas sur le reste du catalogue. Rien de choquant : produire un calibre fiable suppose des machines, des ingénieurs et des volumes que peu d’indépendants réunissent, et une base Ronda ou Miyota permet de tenir des prix accessibles et un entretien facile.
Deuxième réserve : le R26 progresse sans tout changer. Présenté en 2025 après trois années de travail avec l’école d’ingénieurs SupMicroTech, il équipe les collections Type 14, Nautic 666 et Annapurna, avec 42 heures de réserve de marche, 21 600 alternances par heure et une précision réglée entre −5 et +10 secondes par jour. Ses composants sont confiés à des sous-traitants de la région bisontine, et LIP annonce plus de 70 % de son prix de revient acquis en France. Mais il n’a pas été dessiné depuis la première vis : il a été développé à partir d’une architecture mécanique existante produite en grande série. Les 70 % portent sur la valeur économique, non sur le nombre de pièces — les rubis restent suisses. Et trois collections ne font pas un catalogue.
Troisième réserve : la matière reste mondiale. La page savoir-faire de LIP décrit l’acier 316L de ses boîtiers et le verre saphir sans en donner l’origine, et ne nomme pas le fabricant de ses cadrans. Seuls les bracelets en cuir sont attribués à une société implantée à Besançon. Les matières premières sont donc notées 1, et c’est cette note qui commande le badge.
Un mot enfin sur la mention « Fabriqué en France ». Selon la définition officielle du ministère de l’Économie, un produit peut la revendiquer dès lors qu’il subit en France sa dernière transformation substantielle et qu’une part significative de sa valeur y est acquise. Un mouvement japonais n’interdit donc pas à la montre terminée d’être française. C’est différent du label privé Origine France Garantie, plus exigeant, que LIP ne revendique pas sur l’ensemble de son catalogue. Dire « Fabriquée en France – Besançon » est exact ; dire « intégralement française » ne le serait pas.
Ce que l’on achète chez LIP, face à Swatch, Casio ou Fossil, c’est une montre assemblée, réglée et contrôlée dans le Doubs par une entreprise familiale française, le plus souvent autour d’un mouvement suisse ou japonais — et, sur trois collections, un calibre dont plus de 70 % de la valeur est française. La différence tient à l’atelier et au capital, pas à l’origine du moteur.
Infos sur la marque
- ✓Depuis septembre 2024, la marque appartient à la Société des Montres Bisontines (SMB), entreprise familiale implantée à Châtillon-le-Duc, au nord de Besançon, qui l'exploitait sous licence depuis 2014. Le précédent propriétaire, le groupe MGH, l'a annoncé lui-même dans un communiqué du 30 septembre 2024 : marque, exploitation et outil industriel sont désormais réunis dans une même maison. Source : LIP, une page se tourne — « la marque LIP est reprise par la société SMB », licenciée depuis 2014 — Groupe MGH, communiqué du 30 septembre 2024
- ✓Le registre des entreprises confirme une direction familiale française. S.M.B. Horlogerie (SIREN 329 935 639), SAS créée en 1984 et domiciliée à Châtillon-le-Duc, a pour président Philippe Bérard et pour directeur général Pierre-Alain Bérard ; aucune personne morale ne figure parmi ses dirigeants, hors le commissaire aux comptes. Les dirigeants ne sont pas les actionnaires : c'est un indice de contrôle familial, non une répartition publiée du capital. Effectif de 100 à 199 salariés (2023) ; chiffre d'affaires 2024 de 25,3 M€ pour un résultat net de 1,55 M€, sur l'ensemble de l'activité de SMB et non sur la seule marque LIP. Source : S M B (SIREN 329 935 639) — siège, dirigeants, effectif 2023, comptes 2024 — Annuaire des entreprises (État)
- ✓Le retour de la fabrication à Besançon date de 2015. SMB avait obtenu de MGH une licence d'exploitation de dix ans ; la presse locale annonçait les premières livraisons pour juin 2015, avec un objectif initial d'environ 30 000 montres par an. SMB vendait alors déjà quelque 1,5 million de montres par an : LIP n'était, au départ, qu'une petite part de son activité. Source : La renaissance de Lip à Besançon — licence de dix ans, premières livraisons en juin 2015, 30 000 pièces visées, 1,5 million de montres vendues par SMB — macommune.info, 10 mai 2015
- ✓Après la liquidation de 1977 et une production en partie externalisée en Asie dans les années 2000, les opérations horlogères sont revenues dans le Doubs. À Châtillon-le-Duc sont réalisés l'assemblage du cadran, du mouvement et des aiguilles, l'emboîtage, le réglage des calibres mécaniques, les tests d'étanchéité et le contrôle esthétique et fonctionnel final, par des horlogers formés localement. Source : Liquidation de 1977, production externalisée en Asie dans les années 2000, puis opérations réalisées à Châtillon-le-Duc — assemblage, emboîtage, réglage, étanchéité, contrôle final — L'Heure Passion, David Deteve, 28 juillet 2026
- ✓Le calibre automatique R26, fruit de trois années de travail avec l'école d'ingénieurs SupMicroTech de Besançon, équipe les collections Type 14, Nautic 666 et Annapurna : 42 heures de réserve de marche, 21 600 alternances par heure, précision réglée entre −5 et +10 secondes par jour. Ses composants sont confiés à des sous-traitants de la région bisontine ; l'assemblage, le sertissage des rubis et le réglage se font dans les ateliers de LIP. La marque annonce plus de 70 % de son prix de revient acquis en France. Source : Le calibre LIP R26 — collaboration SupMicroTech, caractéristiques, sous-traitance bisontine, part de valeur française — LIP
- ⚠Le R26, présenté en 2025, n'est pas un calibre conçu depuis la première vis. Il a été développé à partir d'une architecture mécanique existante produite en grande série, puis retravaillée avec SupMicroTech. Les 70 % annoncés portent sur la valeur économique, non sur le nombre de pièces — les rubis, par exemple, restent suisses. Et il n'équipe que trois collections. Source : R26 présenté en 2025, « développé à partir d'une architecture mécanique existante produite en grande série » ; les 70 % portent sur la valeur, les rubis restent suisses — L'Heure Passion, David Deteve, 28 juillet 2026
- ⚠La majorité des mouvements reste importée : quartz Ronda fabriqués en Suisse, automatiques Miyota (groupe Citizen) et TMI (groupe Seiko Epson) fabriqués au Japon ; le calibre G100 naît dans les ateliers suisses de La Joux-Perret avant d'être assemblé et réglé à Besançon par le partenaire Humbert-Droz. Ces mouvements sont réglés et personnalisés dans le Doubs, mais le moteur de la montre vient de l'étranger sur la plus grande partie du catalogue, et LIP ne publie pas la part de ses volumes équipée du R26. C'est ce qui retient la fabrication à 2 : l'assemblage français est réel, mais rien ne permet d'établir que 80 % de la production soit française. Source : Nos mouvements — quartz Ronda suisses, calibres japonais Miyota et TMI, G100 de La Joux-Perret assemblé par Humbert-Droz — LIP
- ⚠La conception est notée 2. La R&D propre à LIP que documentent ses pages porte sur le R26, redessiné en interne avec SupMicroTech. Le reste du catalogue repose sur des mouvements conçus par leurs fabricants : Ronda et La Joux-Perret en Suisse, Miyota et TMI au Japon. Le cœur technique de la plupart des montres est donc conçu hors de France, en Europe pour une part et au Japon pour l'autre, dans une proportion que LIP ne publie pas. Source : Nos mouvements — calibres conçus par Ronda, La Joux-Perret, Miyota et TMI ; R26 « redessiné à l'interne » avec SupMicroTech — LIP
- ⚠Les matières premières sont notées 1, et c'est ce qui commande le badge. Les mouvements viennent de Suisse et du Japon, et même le R26 garde des rubis suisses. La page savoir-faire décrit l'acier inoxydable 316L et le verre saphir sans en indiquer l'origine ; les cadrans y sont dits fabriqués « selon les spécifications propres à LIP », sans fabricant nommé. Seuls les bracelets en cuir sont attribués à « une société spécialisée implantée à Besançon ». Approvisionnement mondial, aux origines partiellement tracées. Source : Nos savoir-faire — acier 316L et saphir sans origine indiquée, cadrans sans fabricant nommé, bracelets cuir d'une société bisontine — LIP
- ⚠La mention « Fabriqué en France » n'impose pas une origine française intégrale : selon la définition officielle, un produit peut la revendiquer dès lors qu'il subit en France sa dernière transformation substantielle et qu'une part significative de sa valeur y est acquise. LIP met en avant « Fabriquée en France – Besançon », et non le label privé Origine France Garantie, plus exigeant, qu'elle ne revendique pas pour l'ensemble de son catalogue. Source : « Fabriqué en France » — définition officielle et conditions d'usage de la mention — Ministère de l'Économie et des Finances
Pourquoi choisir Lip ?
Propriété familiale française retrouvée
Depuis septembre 2024, la marque appartient à SMB, entreprise du Doubs dont le registre ne fait apparaître que des dirigeants de la famille Bérard.
Retour industriel réel à Besançon
Contrairement à une simple licence apposée sur des montres importées, l'assemblage, l'emboîtage, le réglage et le contrôle sont effectués à Châtillon-le-Duc par des horlogers formés localement.
Un calibre maison en reconquête
Le R26, redessiné avec l'école d'ingénieurs SupMicroTech de Besançon, porte plus de 70 % de sa valeur en France — sur trois collections.