Pequignet
La seule manufacture française de Haute Horlogerie
Niveau d'engagement local
Le badge correspond au critère le plus faible : aucune note ne peut en compenser une autre.
À propos de Pequignet
Pequignet porte une ambition que presque aucun horloger français n’a tenue : dessiner ses propres mouvements plutôt que d’habiller des calibres achetés en Suisse. La maison, fondée en 1973 à Morteau par Émile Péquignet, y est parvenue. Elle a aussi frôlé la disparition deux fois en quatre ans. Les deux histoires se lisent ensemble.
Ce qui est établi
La maison conçoit et assemble à Morteau le Calibre Royal, premier mouvement de fabrication française qu’elle ait développé, puis le Calibre Initial, déclinés depuis en versions manuelle, tourbillon et chronographe. Selon la marque, leurs composants viennent d’un rayon de 80 km autour des ateliers : 72 % de ceux du Calibre Initial sont d’origine française, le reste suisse, et le Calibre Royal visait plus de 75 % de composants français en 2024. Le Royal est protégé par 8 brevets internationaux, l’Initial par 2. Ces chiffres sont ceux de la maison : aucun tiers ne les a audités.
Le capital est français. Depuis 2021, Enowe, structure d’investissement familiale fondée par Hugues Souparis, détient 80 % de l’entreprise, selon Europa Star ; les quatre salariés qui l’avaient relancée en 2017 restent associés. Au registre, la société d’exploitation est présidée par Enowe Excellence. La maison porte le label Entreprise du Patrimoine Vivant, renouvelé en 2019 et en 2025.
La reconnaissance est venue au plus haut niveau : le 2 avril 2026, la montre offerte par la France à l’empereur du Japon, lors de la visite d’État d’Emmanuel Macron, était une Pequignet dessinée pour l’occasion.
Trois réserves
Un passé financier lourd. Placée en redressement judiciaire en 2012, l’entreprise suit ensuite un plan de continuation pour rembourser plus de 7 millions d’euros de passif ; ses actionnaires y injectent 11 millions sans dégager de bénéfice. Le 30 novembre 2016, le tribunal de commerce de Besançon prononce la liquidation. Elle employait alors 42 salariés à Morteau. Quatre d’entre eux la reprennent en février 2017 et conservent 16 emplois sur 38.
Une relance qu’on ne peut pas vérifier. Hugues Souparis revendique une croissance de 25 % en 2025, à nombre de montres constant, portée par des modèles plus chers et une boutique ouverte à Paris. C’est plausible, mais les comptes de la société sont déposés sous déclaration de confidentialité, y compris ceux de 2023 et 2024 : aucun chiffre d’affaires publié ne permet de le confirmer. Après deux procédures collectives, c’est la donnée qui manque le plus.
Tout le catalogue n’a pas un calibre maison. La marque indique elle-même que d’autres modèles embarquent le Sellita SW200, un mouvement suisse, et ses propres calibres comptent une part de composants suisses. Tout est assemblé à Morteau, mais la répartition des ventes n’est pas publiée : la fabrication reste à 2. L’origine de l’acier, de l’or, du saphir et des cuirs n’est pas publiée non plus, d’où la note de 1 aux matières premières, qui commande le badge. C’est le même constat, et la même note, que pour LIP, Michel Herbelin et Yema.
Face à Omega et TAG Heuer
Les deux maisons suisses produisent leurs mouvements à une tout autre échelle, avec un réseau de points de vente et de service après-vente que Pequignet, avec une vingtaine de collaborateurs, n’a pas. Elles offrent aussi une stabilité que la trajectoire de Morteau ne garantit pas encore. Ce que Pequignet propose en échange est précis : un mouvement dessiné en France, assemblé dans le Doubs, sous capital français. Qui l’achète paie d’abord pour ce mouvement. Il faut donc vérifier, modèle par modèle, que la montre choisie porte bien un calibre maison, et non un Sellita.
Infos sur la marque
- ✓L'une des rares maisons françaises capables de concevoir, développer et assembler ses propres calibres mécaniques — le Calibre Royal, premier mouvement de fabrication française développé par la maison, puis le Calibre Initial — dans ses ateliers de Morteau, dans le Doubs. Source : Pequignet et le Calibre Royal — premier mouvement français développé par la manufacture — Europa Star, revue horlogère internationale
- ✓Selon la marque, les composants de ses calibres viennent d'un rayon de 80 km autour de Morteau : 72 % de ceux du Calibre Initial sont d'origine française, le reste est suisse, et l'objectif affiché pour le Calibre Royal était de dépasser 75 % de composants français en 2024. Le Calibre Royal est protégé par 8 brevets internationaux, le Calibre Initial par 2. Source : Le savoir-faire Pequignet — 72 % de composants français sur le Calibre Initial, rayon de 80 km, 8 et 2 brevets internationaux — Pequignet
- ✓Le 2 avril 2026, la France a offert une montre Pequignet à l'empereur du Japon lors de la visite d'État d'Emmanuel Macron. Conçue pour l'occasion, l'« Attitude Impériale » porte un cadran peint en miniature — chêne et fleur de cerisier entrelacés — et remplace la fleur de lys par le monogramme « RF » de la République ; les aiguilles bleuies viennent des ateliers La Pratique à Morteau, le bracelet alligator de la Manufacture Jean Rousseau. Source : Une montre d'exception offerte par la France à l'Empereur du Japon — Présidence de la République, 2 avril 2026
- ✓Depuis 2021, 80 % du capital appartient au fonds français Enowe, qui a pris le relais des quatre salariés repreneurs de 2017. Source : Pequignet : vers une réelle manufacture d'horlogerie française — entrée d'Enowe à hauteur de 80 % en 2021 — Europa Star, décembre 2023
- ✓La maison est labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant, distinction d'État renouvelée en 2019 puis en 2025. Le label distingue un savoir-faire d'entreprise, pas l'origine d'un produit. Source : Histoire et savoir-faire français — label Entreprise du Patrimoine Vivant renouvelé en 2019 et 2025 — Pequignet
- ✓Interrogé par ICI en juin 2026, le PDG Hugues Souparis revendique une croissance de 25 % en 2025, visée à nouveau en 2026, obtenue à volume constant : « on produit le même nombre de montres », mais des modèles plus haut de gamme, à mouvement maison. La maison, qui compte une vingtaine de collaborateurs, a ouvert une boutique à Paris, dans le quartier Saint-Germain. Source : « Même dans un marché en décroissance, nous progressons », l'horlogerie franc-comtoise résiste à la crise — ICI Besançon (Radio France), 5 juin 2026
- ⚠Deux procédures collectives en quatre ans. Fondée en 1973 par Émile Péquignet, la maison est placée en redressement judiciaire en 2012, puis suit à partir du 5 novembre 2012 un plan de continuation pour rembourser plus de 7 millions d'euros de passif. Les actionnaires de l'époque y injectent 11 millions d'euros sans dégager de bénéfice. Le 30 novembre 2016, le tribunal de commerce de Besançon prononce directement la liquidation judiciaire ; l'entreprise emploie alors 42 salariés à Morteau. Source : L'horloger Péquignet est mis en liquidation judiciaire — redressement de 2012, plan de continuation, 42 salariés — France 3 Bourgogne-Franche-Comté, 30 novembre 2016
- ⚠La relance ne se vérifie pas sur pièces. Les comptes de la société d'exploitation, Pequignet Horlogerie, sont déposés au greffe accompagnés d'une déclaration de confidentialité, y compris ceux de 2023 et 2024 : la croissance annoncée par son dirigeant ne peut pas être rapprochée d'un chiffre d'affaires ni d'un résultat publiés. Source : Données financières de Pequignet Horlogerie — comptes 2023 et 2024 déposés sous déclaration de confidentialité — Annuaire des Entreprises (INPI, BODACC)
- ⚠Toutes les montres n'ont pas un calibre maison — c'est ce qui fixe la fabrication à 2. La marque indique elle-même que d'autres modèles sont équipés du Sellita SW200, un mouvement suisse. Et même les calibres maison comptent une part de composants suisses. Tout est assemblé à Morteau, mais la répartition des ventes entre calibres maison et mouvements suisses n'est pas publiée : rien ne permet d'établir qu'au moins 80 % de la production est française, seuil du 3. Source : Montres automatiques Pequignet — « Other models are also equipped with the Swiss Sellita SW200 movement » — Pequignet
- ⚠L'origine des matières n'est pas publiée — d'où la note de 1 aux matières premières. La page consacrée à la manufacture dit que les montres sont « conçues et assemblées » à Morteau, mais ne nomme ni l'origine de l'acier, de l'or et du saphir, ni celle des cuirs. Le bracelet alligator de la montre offerte au Japon vient d'une manufacture française, pas la peau. Même constat, et même note, que sur les fiches LIP, Michel Herbelin et Yema. Source : La manufacture Pequignet — origine de l'acier, de l'or, du saphir et des cuirs non mentionnée — Pequignet
Pourquoi choisir Pequignet ?
Des mouvements conçus en France, pas seulement un habillage
Là où la plupart des horlogers français achètent leurs mouvements, Pequignet conçoit ses propres calibres et les assemble à Morteau, avec des composants majoritairement français selon la marque et une dizaine de brevets internationaux.
Un actionnariat français depuis la relance
Reprise en 2017 par quatre de ses salariés, la maison est détenue depuis 2021 à 80 % par Enowe, structure d'investissement familiale française.
Ancrage dans le berceau horloger franc-comtois
Conception et assemblage dans les ateliers historiques de Morteau, au cœur du bassin horloger du Haut-Doubs, et une montre retenue par l'Élysée comme cadeau d'État en 2026.
Sources
- •Le fabricant de montres Péquignet repris par quatre salariés : 16 emplois sur 38 conservés (jugement du 27 février 2017) — France Bleu Besançon, 27 février 2017
- •PEQUIGNET rachetée par le fonds ENOWE — structure d'investissement familiale fondée par Hugues Souparis — Fusacq, 27 décembre 2021
- •Pequignet se fait racheter par Enowe — fonds d'investissement familial, les quatre repreneurs de 2017 continuent l'aventure — Chronotempus, 23 février 2022
- •Registre des entreprises — Pequignet Horlogerie, SAS créée le 1er mars 2017 à Morteau, présidée par Enowe Excellence — API Recherche d'entreprises (data.gouv.fr)