Amora
Amora, par amour du goût
Niveau d'engagement local
Le badge correspond au critère le plus faible : aucune note ne peut en compenser une autre.
À propos de Amora
Amora est une marque de condiments sous capital étranger, et bientôt sous direction américaine. Si elle figure dans ce catalogue, c’est pour son usine, pas pour son actionnaire — et la distinction, ici, est particulièrement nette.
Une usine, et une seule
Tout ce qui se vend sous les marques Amora et Maille est fabriqué à Chevigny-Saint-Sauveur, en Côte-d’Or, rapportait ICI Bourgogne en juillet 2024. Le site s’étend sur 138 000 mètres carrés, emploie 300 personnes et produit cent millions de pots de moutarde par an.
Son directeur en détaillait les volumes : 80 000 tonnes attendues en 2024, contre 75 000 l’année précédente, dont 30 000 tonnes de moutarde et 20 000 de mayonnaise, auxquelles s’ajoutent vinaigre, vinaigrette et cornichons à 8 000 tonnes chacun. Au total, 350 produits, vendus dans 90 pays. Le vinaigre lui-même est produit sur place. C’est ce qui tient la fabrication au maximum du barème. La conception l’est aussi : la marque a été déposée à Dijon le 23 septembre 1919, et la recherche et développement est installée à Chevigny, où 17 millions d’euros lui ont été consacrés en 2009.
Ce site unique est pourtant le fruit d’une concentration, pas d’une continuité. En 2009, l’usine historique de Dijon et celle d’Appoigny, dans l’Yonne, ont fermé : 190 licenciements, et sur les 261 salariés des deux sites, 105 n’ont pas été repris à Chevigny, selon France 3. Chevigny est devenue du même coup la plus grande usine de condiments de France ; mais Amora-Maille employait 1 000 personnes en Bourgogne lors de son rachat en 1999, contre 300 sur le site aujourd’hui. La fidélité bourguignonne d’Amora s’est payée d’une réduction de son empreinte.
Trois réserves
Le capital est étranger depuis un quart de siècle. Unilever a offert 4,7 milliards de francs pour Amora-Maille en 1999 ; la Commission européenne a validé l’opération en 2000. Le groupe, longtemps anglo-néerlandais, n’a plus depuis novembre 2020 qu’une société mère, Unilever PLC, de droit britannique, dont le siège est à Londres. Les bénéfices de l’usine remontent donc hors de France : c’est ce qui fixe la note de capitaux à zéro, et donc le badge.
Et il va changer de mains. Le 31 mars 2026, Unilever a annoncé la combinaison de sa branche alimentaire avec l’américain McCormick, Amora, Maille, Knorr et Hellmann’s compris. Unilever touchera 15,7 milliards de dollars ; ses actionnaires recevront 55,1 % du nouvel ensemble, ceux de McCormick 35 %, et Unilever en conservera 9,9 %. Le siège mondial sera à Hunt Valley, dans le Maryland, le siège international aux Pays-Bas, et la finalisation est attendue mi-2027. En mai 2026, relevait France 3, rien n’avait filtré sur le sort de l’usine de Chevigny. Un détail mérite d’être dit : Amora et Hellmann’s, que cette fiche propose de substituer l’une à l’autre, sont dans le même portefeuille et passeront ensemble au même actionnaire. Remplacer l’une par l’autre ne change pas de propriétaire, seulement d’usine.
Les graines ne sont bourguignonnes qu’à 30 %. C’est le chiffre donné en juillet 2024 par le directeur du site : le reste vient du Canada, « comme pour la plupart de nos concurrents ». L’objectif affiché est de passer à 50 % de graines locales d’ici trois à quatre ans. C’est une ambition, pas un approvisionnement acquis, et elle laisse de toute façon la moitié des graines importées : d’où la note de matières premières à 1.
Face à Heinz, Hellmann’s et Kühne
Il faut aussi dire ce que valent les marques ciblées. Kühne, en particulier, n’est pas une importation lointaine : fondée à Berlin en 1722 et dirigée depuis Hambourg, elle exploite cinq usines en Allemagne et une usine de condiments en Côte-d’Or même, à Couchey. Un bocal de cornichons Kühne n’a donc pas forcément traversé le continent.
Ce que l’on achète en choisissant Amora, c’est une usine française et ses trois cents emplois, pas une entreprise française : les recettes et la fabrication sont bourguignonnes, les graines majoritairement canadiennes, et les bénéfices partent à Londres — bientôt dans le Maryland.
Infos sur la marque
- ✓Tout produit vendu sous les marques Amora ou Maille est fabriqué à l'usine de Chevigny-Saint-Sauveur (Côte-d'Or), selon le reportage d'ICI Bourgogne de juillet 2024. Le site s'étend sur 138 000 mètres carrés, emploie 300 personnes et sort cent millions de pots de moutarde par an. Source : Dijon : Amora-Maille veut mettre plus de Bourgogne dans ses pots de moutarde — ICI Bourgogne (Radio France), 30 juillet 2024
- ✓Selon son directeur, le site devait produire 80 000 tonnes en 2024, contre 75 000 l'année précédente : 30 000 tonnes de moutarde, 20 000 de mayonnaise, puis vinaigre, vinaigrette et cornichons à 8 000 tonnes chacun. Il fabrique 350 produits vendus dans 90 pays, et tout le vinaigre utilisé est produit sur place. Source : Dijon : Amora-Maille veut mettre plus de Bourgogne dans ses pots de moutarde — ICI Bourgogne (Radio France), 30 juillet 2024
- ✓La marque a été déposée à Dijon le 23 septembre 1919 par le moutardier Armand Bizouard. Lors du regroupement de 2009, 17 millions d'euros ont été investis dans la recherche et développement du site de Chevigny. Source : L'emblématique Amora passe sous pavillon américain : retour sur l'histoire d'une marque née en Bourgogne il y a plus de 100 ans — France 3 Bourgogne-Franche-Comté, 10 mai 2026
- ⚠Le site unique est le produit d'une concentration : en 2009, l'usine historique de Dijon et celle d'Appoigny (Yonne) ont fermé, 190 salariés ont été licenciés et la production a été regroupée à Chevigny. Sur 261 salariés des deux sites, 105 n'ont pas été repris. Chevigny devenait alors la plus grande usine de condiments de France, mais Amora-Maille employait encore 1 000 personnes en Bourgogne lors de son rachat en 1999. Source : L'emblématique Amora passe sous pavillon américain — « 2009 : la fermeture de l'usine historique de Dijon » — France 3 Bourgogne-Franche-Comté, 10 mai 2026
- ⚠Capitaux notés 0 : Amora-Maille appartient à Unilever, qui en a offert 4,7 milliards de francs en 1999, opération validée par la Commission européenne en 2000. Le groupe, anglo-néerlandais à l'époque, n'a plus depuis novembre 2020 qu'une seule société mère, Unilever PLC, dont le siège est à Londres. Source : L'emblématique Amora passe sous pavillon américain : retour sur l'histoire d'une marque née en Bourgogne il y a plus de 100 ans — France 3 Bourgogne-Franche-Comté, 10 mai 2026
- ⚠Le capital va passer sous direction américaine. Le 31 mars 2026, Unilever a annoncé la combinaison de sa branche alimentaire, Amora, Maille, Knorr et Hellmann's compris, avec McCormick : 15,7 milliards de dollars en numéraire pour Unilever, 55,1 % du nouvel ensemble à ses actionnaires, 35 % à ceux de McCormick, 9,9 % conservés par Unilever. Le siège mondial sera à Hunt Valley (Maryland), le siège international aux Pays-Bas ; la finalisation est attendue mi-2027. Le communiqué prévoit la consultation du comité social et économique d'Amora Maille Société Industrielle SAS. Source : Unilever combines Unilever Foods with McCormick — Unilever PLC, communiqué du 31 mars 2026
- ⚠En mai 2026, aucune information n'avait filtré sur le sort de l'usine de Chevigny-Saint-Sauveur après le changement de propriétaire. Source : L'emblématique Amora passe sous pavillon américain — France 3 Bourgogne-Franche-Comté, 10 mai 2026
- ⚠Matières premières notées 1 : en juillet 2024, 30 % seulement des graines de moutarde venaient de Bourgogne, le reste du Canada, « comme pour la plupart de nos concurrents », selon le directeur du site. L'objectif annoncé est de 50 % de graines locales d'ici trois à quatre ans : c'est une ambition, pas un acquis. Source : Dijon : Amora-Maille veut mettre plus de Bourgogne dans ses pots de moutarde — « Objectif : 50 % de graines de moutarde de Bourgogne » — ICI Bourgogne (Radio France), 30 juillet 2024
Pourquoi choisir Amora ?
Un site unique en Côte-d'Or
Toute la production Amora et Maille sort de Chevigny-Saint-Sauveur : 300 salariés, 138 000 mètres carrés, cent millions de pots de moutarde par an.
Une gamme large fabriquée au même endroit
350 produits — moutarde, mayonnaise, vinaigre, vinaigrette, cornichons — sortent du même site et partent vers 90 pays ; le vinaigre est produit sur place.
Née à Dijon en 1919
La marque a été déposée à Dijon en 1919 ; sa recherche et développement est installée à Chevigny, qui a reçu 17 millions d'euros d'investissement en 2009.
Sources
- •Completion of Unilever's Unification — Unilever PLC, société mère unique, siège à Londres — Unilever PLC, communiqué du 30 novembre 2020
- •En cédant Amora, Maille et Knorr, Unilever finalise sa sortie de l'alimentaire — RIA, 2 avril 2026
- •Standorte der Carl Kühne KG — fondée à Berlin en 1722, siège à Hambourg, cinq usines en Allemagne, usine Européenne des Condiments à Couchey (Côte-d'Or) — Carl Kühne KG