Retour à l'accueil

Veja

Un pied dans le futur

Ancrage français partielHors productionCapitaux français · Conception française · Production hors Europe · Ressources mondiales tracées
Voir le site

À propos de Veja

Lancée en 2004 par Sébastien Kopp et François-Ghislain Morillion, Veja a réinventé la fabrication de la basket en y intégrant une démarche sociale et écologique radicale, à une époque où la sneaker éthique n’existait pratiquement pas. Vingt ans plus tard, les deux fondateurs sont toujours cogérants de la SARL Veja Fair Trade, dont le siège est rue du Faubourg-Poissonnière à Paris : la marque n’a jamais été vendue, ni à un groupe, ni à un fonds. C’est ce qui justifie sa note maximale sur les capitaux et sur la conception.

Le second point fort est moins connu et mérite d’être dit. Depuis 2004, Veja confie sa logistique française à des structures d’insertion par le travail : d’abord Ateliers Sans Frontières, pendant seize ans, où 275 personnes ont retrouvé un emploi ; puis, l’entrepôt devenant trop petit, Log’ins à Villabé, qui accompagne des salariés reconnus travailleurs handicapés. Depuis 2020, plus de trois cents personnes y ont été accompagnées et plus de cent cinquante ont retrouvé une situation professionnelle stable. Ce n’est pas un argument marketing ajouté après coup : c’est le dispositif logistique de l’entreprise depuis son premier entrepôt.

Sur la fabrication, en revanche, la note est nulle et elle le reste. Aucune paire de Veja n’est produite en France. La marque fabrique au Brésil, dans plusieurs usines partenaires du Sud et du Nord-Est du pays, un choix assumé de proximité avec ses filières de coton biologique et de caoutchouc sauvage amazonien plutôt qu’une délocalisation de coût. Depuis 2023, s’y ajoute une usine au Portugal, où plus de cent mille paires ont été produites dans le cadre du projet Aegean, destiné au marché européen, avec du cuir sourcé en Europe et tanné sur place. La production s’est donc européanisée à la marge — mais pas francisée, et le barème plafonne à 1 toute fabrication sans production française, ce qui rend ici la distinction sans effet.

Il faut aussi regarder les chiffres sans complaisance. Le chiffre d’affaires de la société française recule depuis trois exercices : 162 millions d’euros en 2023, 132 millions en 2024, 115 millions en 2025, soit près de 29 % de baisse en deux ans. L’entreprise reste très rentable — 27,1 millions d’euros de résultat net en 2025 — mais l’image d’une croissance ininterrompue, souvent associée à la marque, ne correspond plus à ce que ses comptes déposés au greffe indiquent. Enfin, la rémunération des ouvriers brésiliens, 2 015 réaux mensuels en moyenne en 2024, soit environ 330 euros, est présentée par Veja comme équitable au regard du marché local, et elle s’accompagne de garanties sociales documentées ; elle reste sans rapport avec un salaire de production française.

Veja demeure une alternative sérieuse aux sneakers américaines pour qui veut soutenir un projet français indépendant, transparent sur ses limites — la marque publie sur son propre site un chapitre intitulé « Limites » — et exemplaire sur l’insertion. Mais c’est une alternative par la propriété, la conception et l’éthique de la filière, pas par le lieu de fabrication : sur ce critère-là, la basket vient du Brésil.

Infos sur la marque

Pourquoi choisir Veja ?

Création et gouvernance parisiennes

Siège, design et direction sont à Paris, et les deux fondateurs sont toujours cogérants de la société vingt ans après sa création.

Éco-matériaux sourcés au plus près

La marque achète coton biologique et caoutchouc sauvage directement auprès de coopératives brésiliennes et péruviennes, à proximité de ses usines.

Logistique solidaire

La préparation des commandes est confiée depuis 2004 à des structures d'insertion par le travail, aujourd'hui Log'ins à Villabé.