Spring Court
Niveau d'engagement local
Le badge correspond au critère le plus faible : aucune note ne peut en compenser une autre.
À propos de Spring Court
Spring Court est née en 1936 dans l’usine que la famille Grimmeisen possédait passage Piver, à Belleville : une chaussure de tennis en toile de coton et caoutchouc vulcanisé, dont la ventilation est, selon la marque, « brevetée depuis 1936 ». Quatre-vingt-dix ans plus tard, la marque appartient toujours à la même famille. Mais la chaussure, elle, n’est plus fabriquée en France depuis longtemps : c’est toute la tension de cette fiche.
Le capital est familial, et ce n’est pas seulement la marque qui le dit. Le registre des entreprises donne la Société TH Grimmeisen présidée par Théodore Grimmeisen, fils du fondateur, et dirigée avec Sylvie, Florence, Laura et Théodora Grimmeisen, sans aucune personne morale parmi les dirigeants. En 2022, Leather Fashion Design décrit une structure « détenue à 100% par une famille ». L’histoire récente va dans le même sens : de 1990 à 2014, la famille a confié la production à des licenciés, Rautureau puis le groupe Royer à partir de 2011, sans jamais céder la marque. Elle en a repris l’exploitation au tournant de 2015, en cherchant elle-même ses industriels.
La conception est parisienne. Depuis 2020, la direction est passée à la troisième génération, les trois sœurs Grimmeisen, petites-filles du fondateur. Théodora a mené le renouvellement et la rationalisation de la collection permanente, depuis l’ancienne usine devenue bureaux et boutique, où travaille une équipe de 17 personnes, café compris. La marque dit refuser surproduction et soldes ; c’est sa communication, rapportée comme telle.
La transparence sur la fabrication est rare. Spring Court publie ses deux sites de production et la technique employée sur chacun : la vulcanisation directe, où le caoutchouc pénètre les fibres du tissu « évitant l’utilisation de colles et de solvants », et le cold cement, collage d’une semelle pré-vulcanisée.
Trois réserves, pourtant, et elles pèsent sur le badge.
La première tient à la fabrication. L’usine du passage Piver a produit plus de 20 millions de paires entre 1936 et 1984, puis a été vidée de ses machines ; dans les années 1990, sous licence, la production est partie en Vendée, avant de quitter la France. Aujourd’hui, elle se partage entre l’Espagne, pour la vulcanisation directe, et la Thaïlande, pour le cold cement. La part de chaque site n’est pas publiée. Sans production française, la note plafonne à 1 ; rien n’établissant une majorité hors d’Europe, elle ne descend pas à 0. Le site asiatique, surtout, a bougé : industriels indonésiens recherchés en 2015, production « transférée récemment du Vietnam à la Thaïlande » en 2022.
La deuxième tient à la justification. Pour la Thaïlande, la marque invoque ses « marchés à l’export » et « une logique de transports raisonnée ». L’argument se tient pour desservir l’Asie ; il explique moins les paires vendues en France.
La troisième tient aux matières. Toile de coton et caoutchouc n’ont pas de filière française, et la marque n’en publie pas l’origine. Seul l’agneau plongé de certains modèles en cuir est dit « sourcé en France ». Les matières premières restent donc à 1.
S’y ajoute une fragilité : les comptes 2025 de la société, déposés sous confidentialité partielle, laissent voir une perte d’environ 425 000 €, sans le chiffre d’affaires qui permettrait de la mesurer.
Face à Converse, Vans, Nike ou Adidas, ce qui distingue Spring Court n’est donc pas l’atelier : c’est la propriété et la conception. Ce que le lecteur achète, c’est une basket dessinée à Paris par une entreprise restée familiale depuis quatre-vingt-dix ans, et fabriquée en Espagne ou en Thaïlande — la marque a le mérite de l’écrire elle-même. Pour une basket effectivement fabriquée en France, voir plutôt Sessile.
Infos sur la marque
- ✓La société propriétaire de la marque n'est dirigée que par des membres de la famille Grimmeisen. Le registre des entreprises donne la SAS Société TH Grimmeisen (SIREN 572 221 174), siège au 5 passage Piver à Paris, présidée par Théodore Grimmeisen ; Sylvie, Florence, Laura et Théodora Grimmeisen en sont directrices générales. Aucune personne morale ne figure parmi les dirigeants : c'est un indice de contrôle familial, pas une preuve de la répartition du capital. Source : SOCIETE TH GRIMMEISEN, SIREN 572221174 — SAS, siège « 5 PASSAGE PIVER 75011 PARIS », activité 15.20Z ; président : Théodore Grimmeisen ; directrices générales : Sylvie, Florence, Laura et Théodora Grimmeisen ; aucune personne morale parmi les dirigeants — API Recherche d'entreprises, État français
- ✓Une source extérieure à la marque confirme la détention familiale intégrale : en 2022, le magazine Leather Fashion Design décrit une structure « détenue à 100% par une famille ». C'est sur elle, et sur le registre, que repose la note de capitaux. Source : Spring Court : la marque familiale intemporelle n’en finit pas de rebondir — « La structure, détenue à 100% par une famille soudée autour de valeurs de respect de l’environnement et de responsabilité sociétale » — Leather Fashion Design, Laëtitia Blin, 26 juillet 2022
- ✓La famille a repris l'exploitation de sa marque au tournant de 2015, après vingt-cinq ans de licences. La production était confiée à des licenciés depuis 1990 — Rautureau, puis le groupe Royer à partir de 2011. La famille, restée propriétaire de la marque, a alors cherché elle-même des industriels, en Indonésie et en Espagne. Source : Spring Court : la famille du fondateur reprend la marque en main — « fonctionnait avec des licences de production depuis 1990 » ; « D’abord réalisées par la société Rautureau, ses chaussures étaient dans les mains du groupe Royer depuis 2011 » ; « La famille (menée par Théodore, le fils de Georges Grimmeisen), propriétaire de la marque » ; « trouver des acteurs industriels en Indonésie et en Espagne » — FashionNetwork, Olivier Guyot, 16 janvier 2015
- ✓La collection est conçue à Paris, par la troisième génération. En 2022, Leather Fashion Design attribue à Théodora Grimmeisen le renouvellement et la rationalisation de la collection permanente, menés depuis l'ancienne usine du passage Piver, « désormais reconverti[e] en bureaux et boutique », où travaille une équipe de 17 personnes, café compris. Source : Spring Court : la marque familiale intemporelle n’en finit pas de rebondir (2022) — « Théodora a donc entrepris un travail de renouvellement et de rationalisation de la collection permanente » ; « l’usine Spring Court, lieu de production originel niché passage Piver […] désormais reconverti en bureaux et boutique » ; « Une équipe de 17 personnes travaille aujourd’hui chez Spring Court, aussi bien pour la marque que pour le café » — Leather Fashion Design, Laëtitia Blin, 26 juillet 2022
- ✓La marque publie l'origine de sa fabrication, site par site et technique par technique. Elle détaille les deux procédés employés : la vulcanisation directe, qui fait pénétrer le caoutchouc dans les fibres du tissu, « évitant l'utilisation de colles et de solvants », et le cold cement, collage d'une semelle pré-vulcanisée. Source : Le Savoir-Faire — « Grâce à la pression de fermeture du moule, le caoutchouc pénètre naturellement dans les fibres du tissu, évitant l’utilisation de colles et de solvants » ; description de la technique du « cold cement », semelle pré-vulcanisée collée à la tige — Spring Court
- ✓La ventilation qui signe la marque est brevetée depuis 1936, selon sa FAQ : les trous percés dans la semelle offrent « une ventilation naturelle permanente ». Source : FAQ — « A quoi servent les trous présents sur chaque chaussure ? » : « Ce design innovant breveté depuis 1936 offre une ventilation naturelle permanente » — Spring Court
- ⚠La fabrication a quitté Paris il y a quarante ans. L'usine familiale du passage Piver a produit « plus de 20 millions de paires » entre 1936 et 1984, avant d'être « vidée de ses machines » ; le lieu abrite aujourd'hui le siège, une boutique, un café et des studios photo. Source : Le 5 Passage Piver — « Après avoir produit plus de 20 millions de paires de tennis entre 1936 et 1984, l’Usine est vidée de ses machines » — Spring Court
- ⚠Aucune chaussure n'est fabriquée en France, et la marque l'écrit noir sur blanc : « la production des Spring Court est répartie sur deux sites : en Espagne, où chaque chaussure est fabriquée selon la technique de vulcanisation directe ; en Thaïlande, où nos chaussures sont fabriquées selon la technique de cémentation à froid ». Sans production française, la fabrication plafonne à 1. La part de chaque site n'est pas publiée : rien n'établit une production majoritairement hors d'Europe, qui ferait descendre la note à 0. Source : Le Savoir-Faire, section Production — « La production des Spring Court est répartie sur deux sites : En Espagne où chaque chaussure est fabriquée selon la technique de vulcanisation directe. En Thaïlande où nos chaussures sont fabriquées selon la technique de cementation à froid » ; répartition des volumes non indiquée — Spring Court
- ⚠Le site asiatique n'est pas stable : en 2022, Leather Fashion Design rapporte une production « transférée récemment du Vietnam à la Thaïlande », alors qu'en 2015 les industriels recherchés étaient indonésiens. La traçabilité publiée aujourd'hui ne vaut que pour aujourd'hui. Source : Spring Court : la marque familiale intemporelle n’en finit pas de rebondir (2022) — « Une partie de la production, transférée récemment du Vietnam à la Thaïlande, est réalisée en Asie. L’autre partie est produite en Espagne » — Leather Fashion Design, Laëtitia Blin, 26 juillet 2022
- ⚠La justification avancée pour la Thaïlande est logistique, pas industrielle : cette localisation « nous permet de répondre aux besoins d'approvisionnement de nos marchés à l'export dans une logique de transports raisonnée ». L'argument vaut pour les marchés lointains ; il explique moins la fabrication des paires vendues en France. Source : Le Savoir-Faire, section Production — « cette localisation nous permet de répondre aux besoins d’approvisionnement de nos marchés à l’export dans une logique de transports raisonnée » — Spring Court
- ⚠Les matières premières restent à 1, et commandent le badge avec la fabrication. Toile de coton et caoutchouc n'ont pas de filière française, et la marque ne publie pas leur provenance. Seul l'agneau plongé, employé sur une partie des modèles en cuir, est dit « sourcé en France ». Source : FAQ — « Quels sont les matériaux utilisés dans la conception des modèles ? » : « le cuir pleine fleur (vachette, agneau plongé sourcé en France, chèvre) » ; origine du coton et du caoutchouc non mentionnée — Spring Court
- ⚠Le dernier exercice connu est déficitaire, et les comptes ne sont publiés qu'en partie. La Société TH Grimmeisen a déposé ses comptes 2025 sous confidentialité partielle : le chiffre d'affaires n'est pas public, le résultat net l'est — une perte d'environ 425 000 €. Source : SOCIETE TH GRIMMEISEN — résultat net 2025 : −425 000 € ; « confidentialité partielle de ses comptes en 2025 » — Pappers
Pourquoi choisir Spring Court ?
Une marque restée à la famille fondatrice
La société propriétaire n'est dirigée que par des Grimmeisen, et la presse la décrit détenue à 100 % par la famille.
Conçue à Paris par la troisième génération
Les petites-filles du fondateur ont repris la direction ; la collection est repensée depuis l'ancienne usine du passage Piver.
Une transparence rare sur la fabrication
La marque publie ses deux sites de production et la technique employée sur chacun, là où la plupart des marques de mode restent évasives.
Un procédé sans colle ni solvant
La vulcanisation directe fait pénétrer le caoutchouc dans les fibres du tissu, ce qui évite le recours aux colles et aux solvants.
Sources
- •L'Histoire — naissance de la chaussure en 1936 ; années 1990 : « Spring Court est confiée en licence. La production quitte Paris pour la Vendée » ; 2014 : reprise du développement par la Société Th. Grimmeisen ; 2020 : passage de relais à la troisième génération, Florence, Laura et Théodora — Spring Court
- •Spring Court a 90 ans — la marque « sous l'impulsion des trois sœurs Grimmeisen, petites-filles du fondateur » ; ni surproduction ni soldes — Spring Court
- •Spring Court passe dans le giron du groupe Royer — licence chaussure de cinq ans, Europe, Moyen-Orient et Afrique ; « Spring Court appartient à la famille Grimmeisen » — FashionNetwork, 6 octobre 2011