Vilac
Jouets en bois depuis 1911
Niveau d'engagement local
Le badge correspond au critère le plus faible : aucune note ne peut en compenser une autre.
À propos de Vilac
À Moirans-en-Montagne, dans le Jura, on fabrique des jouets depuis que les paysans tournaient le bois l’hiver. La commune se présente comme la capitale française du jouet, et c’est là qu’en 1911, Narcisse Villet ouvre un petit atelier artisanal de tournage sur bois, la « Maison Villet ». Le nom de la marque en garde la trace : Vilac est la contraction de Villet et de laque, la finition qui fera sa signature. Plus d’un siècle plus tard, l’entreprise est toujours dans le Jura et porte le label d’État Entreprise du Patrimoine Vivant, qui distingue les savoir-faire rares.
Le capital mérite une explication, parce que son histoire récente est plus intéressante qu’il n’y paraît. Vilac a été rachetée en 2012 par le groupe France Cartes, qui possédait déjà la marque jurassienne JeuJura. Deux ans plus tard, en 2014, Laurent Weisbuch a vendu la division « cartes à jouer » au belge Cartamundi — mais a conservé les marques de jouets. Vilac, JeuJura et Petitcollin, trois maisons jurassiennes et normande toutes labellisées Entreprise du Patrimoine Vivant, sont donc restées dans un giron familial français quand la partie la plus internationale du groupe partait à l’étranger. Face à Hasbro et Mattel, groupes américains cotés, à Playmobil, allemand, et à Asmodee, passé sous contrôle de fonds d’investissement, c’est une différence de nature.
Il faut cependant regarder la fabrication en face, car c’est elle qui commande le badge de cette fiche. Une partie seulement de la gamme sort du Jura. La marque produit une part de ses articles en Bourgogne-Franche-Comté, et d’autres en Chine. Ce n’est pas dissimulé, et la raison est énoncée sans détour par le secteur lui-même : le jouet fabriqué en France dégage peu de marge, et la double production permet de tenir l’équilibre économique de l’entreprise. On peut le déplorer, on ne peut pas le reprocher à Vilac seule — c’est la situation de la quasi-totalité de l’industrie française du jouet, qui a perdu l’essentiel de ses capacités en trente ans.
La conséquence pratique est simple, et il vaut mieux la dire clairement à qui achète : acheter Vilac ne garantit pas d’acheter français. Cela garantit d’acheter à une entreprise française, dont la conception, le style et la direction sont dans le Jura, et dont une partie de la production y est restée. Pour savoir si le jouet que l’on tient en main a été fabriqué à Moirans ou importé, il faut regarder l’étiquette, produit par produit. C’est précisément ce que traduit la note de fabrication à 1 : la marque ne peut pas être créditée d’une production française sur l’ensemble de sa gamme.
Sur l’amont, en revanche, la maison en dit plus que la plupart de ses concurrents — et cela mérite d’être relevé. Pour les articles sortis de l’atelier jurassien, les essences sont nommées : hêtre, charme, aulne et buis « des forêts françaises alentour », tournés, poncés, laqués et décorés sur place. Peu de fabricants de jouets vont jusqu’à nommer leurs bois. La limite est ailleurs : rien n’est publié sur le bois des articles fabriqués en Chine, ni sur l’origine des laques, des pigments et des composants plastiques de la gamme. C’est cette moitié non documentée qui retient la note de matières premières, et non un défaut de la production jurassienne.
Pour offrir un jouet en bois plutôt qu’un produit des géants américains ou allemands du plastique, Vilac reste une réponse française cohérente, portée par une entreprise qui a fait le choix de garder ses marques de jouets quand elle vendait le reste. À condition de vérifier l’étiquette si l’origine de fabrication compte autant que l’origine de l’entreprise.
Infos sur la marque
- ✓Maison jurassienne fondée en 1911 à Moirans-en-Montagne, capitale française du jouet, par Narcisse Villet, qui y ouvre un atelier artisanal de tournage sur bois. Le nom Vilac est la contraction de Villet et de laque, la finition qui fait la signature de la maison. Source : Vilac — atelier fondé en 1911 à Moirans-en-Montagne par Narcisse Villet ; « Vilac », contraction de Villet et de laque — Marques de France
- ✓Le bois des articles fabriqués dans le Jura est français et nommé : hêtre, charme, aulne et buis « des forêts françaises alentour », tournés, poncés, laqués et décorés dans l'atelier jurassien par les artisans de la maison. Peu de fabricants de jouets nomment leurs essences. Source : Histoire de VILAC — « tournés, lissés, poncés, laqués, décorés dans notre atelier du Jura par nos artisans, le hêtre, charme, aulne et buis des forêts françaises alentour » — Vilac
- ✓L'entreprise est labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant depuis 2011, distinction d'État qui reconnaît un savoir-faire rare, et conçoit ses collections dans son propre atelier artistique, en faisant appel à des illustrateurs et designers. Source : Histoire de VILAC — « Le savoir-faire de VILAC est gratifié depuis 2011 du label Entreprise du Patrimoine Vivant » ; conception au sein de l'Atelier Artistique — Vilac
- ✓Le capital est resté français et familial. Vilac a été rachetée en 2012 par le groupe France Cartes, qui possédait déjà la marque jurassienne JeuJura. En 2014, Laurent Weisbuch a cédé la division « cartes à jouer » au belge Cartamundi mais conservé les marques de jouets — Vilac, JeuJura et Petitcollin. Source : Le groupe France Cartes rachète le fabricant de jouets jurassiens Vilac — rachat en 2012, cession de la division cartes à Cartamundi en 2014, marques de jouets conservées — L'Usine Nouvelle
- ⚠Une partie seulement de la gamme est fabriquée dans le Jura ; d'autres articles viennent de Chine. Cette double production est présentée comme un choix d'équilibre économique, le jouet fabriqué en France dégageant peu de marge. C'est ce qui fixe la note de fabrication à 1 : regarder l'étiquette du produit reste le seul moyen de savoir d'où il sort. Source : Vilac — une partie des produits fabriquée en Bourgogne-Franche-Comté, d'autres en Chine, double production assumée pour l'équilibre financier — Marques de France
- ⚠L'origine des matières n'est documentée que pour la production jurassienne. Les essences françaises annoncées concernent l'atelier du Jura ; rien n'est publié sur le bois des articles fabriqués en Chine, ni sur l'origine des laques, pigments et composants plastiques de la gamme. C'est cette moitié non documentée qui retient la note de matières premières. Source : Histoire de VILAC — les essences nommées concernent la fabrication de l'atelier du Jura ; aucune information publiée sur les autres productions — Vilac
Pourquoi choisir Vilac ?
Un siècle dans la capitale du jouet
Fondée en 1911 à Moirans-en-Montagne et toujours installée dans le Jura, face à Hasbro, Mattel et Playmobil dont aucune production n'est française.
Un capital français conservé
Quand la division cartes à jouer a été vendue au belge Cartamundi en 2014, les marques de jouets — Vilac, JeuJura, Petitcollin — sont restées dans le giron français.
Le bois laqué comme signature
Le tournage et la laque sont le savoir-faire d'origine de la maison, reconnu par le label d'État Entreprise du Patrimoine Vivant.