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Écoiffier

Les briques à clipser fabriquées dans la vallée de la plasturgie

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À propos de Écoiffier

Oyonnax n’est pas une adresse choisie au hasard. Cette vallée de l’Ain, surnommée la Plastics Vallée, concentre depuis plus d’un siècle les moulistes, injecteurs et outilleurs qui ont fait de la plasturgie une spécialité industrielle française. C’est là qu’Écoiffier fabrique ses jouets, sur deux sites qui sont, selon son propre plan RSE, les seuls que possède l’entreprise : aucun n’est situé à l’étranger.

Les ordres de grandeur sont ceux d’une PME, pas d’un groupe : 57 collaborateurs selon le plan RSE de 2023 — 42 salariés dans les comptes 2025 —, 3 500 mètres carrés d’ateliers, environ 7 millions de jouets par an, et 60 % des ventes réalisées à moins de 500 kilomètres du lieu de fabrication. Les produits portent le label Origine France Garantie, qui impose une vérification par un organisme tiers. L’éditeur est une société par actions simplifiée au capital d’un million d’euros, immatriculée au RCS de Bourg-en-Bresse, présidée par Julie Chaboud.

L’histoire capitalistique n’est pas linéaire, et il faut la dire en entier. Fondée en 1945 par Albert Écoiffier, l’entreprise a été cédée à Smoby en 1994. C’est quand Smoby passe au groupe allemand Simba Dickie, en 2008, que Jacques Écoiffier la rachète avec ses deux filles — le Journal du Net le relatait dès 2010. Le registre montre aujourd’hui les trois mandats sociaux tenus par la famille : Julie Chaboud présidente, Stéphanie Boulette directrice générale, leur père à la tête du conseil de surveillance. La répartition exacte du capital n’est pas publique, mais l’entreprise en fait un engagement écrit : « nous maintenons l’indépendance du capital et restons une entreprise familiale », lit-on dans son plan de progrès. Dans une industrie du jouet largement concentrée, une reprise familiale de ce type est devenue rare.

C’est la gamme Abrick qui intéresse le lecteur venu chercher une alternative à Lego. Contrairement aux planchettes de bois, qui relèvent du jeu de construction libre, Abrick propose de véritables briques à clipser, accompagnées de figurines et de décors thématiques — ferme, garage, chantier. Le principe de jeu est celui des grandes marques, la fabrication est française.

Deux engagements méritent d’être signalés parce qu’ils portent sur l’usage réel du jouet, pas sur l’image. Des pièces détachées sont envoyées pendant deux ans au minimum pour permettre la réparation, et la composition de l’ensemble de la collection est consultable sur l’application Scan4chem — une transparence sur les substances que peu de fabricants offrent. S’y ajoute un choix social assumé : la sous-traitance passe majoritairement par des ESAT, l’Adapei, des sociétés d’insertion et des ateliers en milieu pénitentiaire.

Sur les matières, l’entreprise fait mieux que la moyenne du plastique injecté sans atteindre l’excellence, et c’est mesurable. Du côté du réalisé : « nous pratiquons le broyage des déchets de production pour réutilisation dans les jouets » — une boucle fermée sur les chutes d’injection, écrite au présent et non en objectif —, la limitation des matières vierges et la réduction du poids de matière dès la conception. Du côté de ce qui manque, un constat net : ce que l’entreprise publie sur la matière recyclée concerne l’emballage, pas le jouet. Ses fiches produits environnementales réglementaires alignent trois colonnes — matières recyclées dans l’emballage, recyclabilité de l’emballage, recyclabilité du jouet — et aucune ne renseigne la part de matière recyclée contenue dans le jouet lui-même. L’origine géographique de la résine vierge n’est pas davantage publiée ; la politique d’achat « favorise les fournisseurs locaux » sans chiffrer la part européenne. Le 2 est mérité, le 3 est hors d’atteinte en l’état.

Une seconde réserve tient au calendrier. Le plan RSE consulté est un plan de progrès 2021-2026 publié en novembre 2023, et plusieurs de ses promesses restent des objectifs : le bilan carbone — « nous travaillons au calcul de notre impact carbone d’ici 2026 » —, le programme d’éco-conception des collections, les audits fournisseurs. Le plan arrive aujourd’hui à son terme sans qu’un document actualisé ait été publié. Ce n’est pas un manquement, c’est un rendez-vous : les résultats devraient être disponibles.

Une troisième réserve est financière. Les comptes déposés au registre montrent un chiffre d’affaires passé de 30,6 millions d’euros en 2022 à 22,2 millions en 2025, soit plus d’un quart de baisse, et un résultat d’exploitation tombé de 3,69 millions à 286 000 euros. L’entreprise reste bénéficiaire — 591 000 euros de résultat net en 2025 — et le barème ne note pas la santé financière. Mais l’acheteur soutient une PME dont l’activité se contracte, pas une marque en expansion.

Une limite de périmètre, enfin. La gamme s’adresse à la petite enfance, avec des entrées à 6, 12, 18 et 36 mois. Elle constitue une alternative directe à Duplo et à la ligne Playmobil 1.2.3, mais ne remplace ni les sets Lego destinés aux grands enfants, ni l’univers narratif de Playmobil à partir de quatre ans. Sur son créneau, l’acheteur paie des briques moulées à Oyonnax par une entreprise que sa famille fondatrice a rachetée pour la garder.

Infos sur la marque

Pourquoi choisir Écoiffier ?

Capitaux familiaux français

Rachetée en 2008 par la famille fondatrice, qui tient les trois mandats sociaux et inscrit le maintien de l'indépendance de son capital parmi ses engagements formels.

Production intégralement française

Deux sites, aucun à l'étranger, dans la Plastics Vallée de l'Ain, avec label Origine France Garantie.

Un vrai système à emboîter

Abrick propose des briques qui se clipsent, des figurines et des décors thématiques : c'est le principe de jeu de Lego et de Playmobil, transposé à la petite enfance.

Réparable et documenté

Pièces détachées envoyées deux ans au minimum, et composition de toute la collection consultable sur l'application Scan4chem.

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