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Salomon

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Ancrage français limitéHors production et capitauxCapitaux étrangers · Conception française · Production hors Europe · Ressources mondiales tracées
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À propos de Salomon

Salomon a été fondée en 1947 à Annecy, et c’est toujours là que se dessinent ses chaussures de trail, ses skis et ses vêtements de montagne. Mais depuis 2019, la marque appartient au groupe Amer Sports, racheté pour environ 4,6 milliards d’euros par un consortium mené par le chinois Anta Sports, et elle fait fabriquer l’essentiel de ses produits par des sous-traitants, surtout en Asie. Toute la fiche tient dans cet écart : une conception française, un capital contrôlé depuis la Chine, des usines asiatiques.

Ce qui n’a pas bougé avec le changement d’actionnaire, c’est la matière grise. Selon le rapport d’impact 2023 de la marque, le siège d’Annecy, qui abrite son centre de design, réunit environ 670 des 1 574 salariés de Salomon, soit plus de deux sur cinq. La marque est dirigée par un Français, Guillaume Meyzenq, qui rend compte à James Zheng, PDG d’Anta Sports. C’est ce qui justifie la note de conception à 3.

Salomon est aussi actionnaire, autour de 10 %, de l’usine automatisée ASF 4.0 d’Ardoix, en Ardèche, aux côtés de Chamatex, qui en détient plus de 60 %, de Millet et de Babolat. Le premier modèle assemblé sur ses lignes, la Captive ASF 4.0, en est sorti en septembre 2021. Quatre postes sur cinq y sont automatisés, ce qui permet, selon le patron de Chamatex, d’employer cinq à dix fois moins de personnes qu’un site classique en Tunisie ou au Portugal. L’expérience mérite d’être connue. Elle ne fait pas pour autant de Salomon une marque fabriquée en France, et trois réserves l’expliquent.

La première tient au capital. Amer Sports est cotée à la Bourse de New York sous le symbole « AS » depuis le 1er février 2024 et a réalisé 6,6 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2025, en hausse de 27 %. Salomon y a franchi pour la première fois la barre des deux milliards de dollars, à 2,4 milliards, contre 1,4 milliard en 2022, et vise 2,9 milliards en 2026. Cette croissance profite à un groupe contrôlé par Anta Sports et à des actionnaires cotés à New York : les capitaux sont notés 0.

La deuxième tient à l’usine. Salomon déclare fabriquer environ 10 % de ses produits en interne et sous-traiter les 90 % restants. À l’échelle d’Amer Sports, un tiers de la valeur de production vient de Chine et près de la moitié du reste de l’Asie-Pacifique. Les usines du groupe qui travaillent pour Salomon sont des sites de sports d’hiver, à Altenmarkt en Autriche, en Roumanie et en Bulgarie : elles comptent, mais ne rendent pas la production majoritairement européenne, d’où une fabrication notée 0. Quant à ASF 4.0, Chamatex y visait 500 000 paires en 2023 ; en 2025, l’usine a réalisé 3,4 millions d’euros de chiffre d’affaires pour une perte nette de 2,85 millions, avec vingt à quarante-neuf salariés. Rapportée aux 2,4 milliards de dollars de ventes de Salomon, c’est une vitrine industrielle, pas un modèle de production.

La troisième tient à la matière. En 2023, les matériaux des vêtements et chaussures souples de Salomon étaient à 72 % d’origine fossile vierge et à 8 % non identifiés, de l’aveu même de la marque, qui a commencé cette année-là à les cartographier. Elle n’achète son cuir qu’à des tanneries certifiées par le Leather Working Group et applique la liste de substances interdites de Bluesign : c’est une traçabilité partielle, qui vaut 1 au barème, sans filière française ou européenne. Même la Captive assemblée en Ardèche avait des semelles venues d’Asie à son lancement.

Choisir Salomon plutôt que The North Face ou Columbia, c’est donc soutenir une équipe de conception installée à Annecy et une direction française. Ce n’est acheter ni un capital, ni une usine, ni une matière françaises : le badge le dit, et l’usine ardéchoise, aussi réelle soit-elle, ne change pas cet ordre de grandeur.

Infos sur la marque

Pourquoi choisir Salomon ?

Cerveau dans les Alpes

Environ 670 des 1 574 salariés de Salomon travaillent au siège d'Annecy, où la marque est née en 1947 et où se trouve son centre de design.

Une usine en Ardèche

Actionnaire de l'usine automatisée ASF 4.0 d'Ardoix, Salomon y fait assembler des chaussures de randonnée et de trail : une exception dans une production qu'elle sous-traite surtout en Asie.

Direction française

La marque est dirigée par le Français Guillaume Meyzenq, et ses équipes de conception sont restées à Annecy après le changement d'actionnaire.

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