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Kiabi

La mode à petits prix

Ancrage français partielHors productionCapitaux français · Conception française · Production hors Europe · Ressources mondiales tracées
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À propos de Kiabi

Fondée en 1978 à Roncq, près de Lille, par Patrick Mulliez, Kiabi a été l’une des toutes premières enseignes françaises à parier sur le vêtement à petit prix, bien avant l’arrivée en France des géants espagnol et suédois de la fast-fashion. Comme Auchan, Décathlon, Jules ou Norauto, l’enseigne appartient à l’écosystème d’entreprises de l’Association Familiale Mulliez (AFM), la structure qui régit le patrimoine professionnel de cette grande famille du Nord. Juridiquement, la marque est portée par KIABI EUROPE, société par actions simplifiée au capital de 58 922 010 euros, immatriculée sous le SIREN 344 103 270 — des données que l’on retrouve non pas dans la communication de l’enseigne, mais dans le registre du commerce, un tiers extérieur à la marque.

Un actionnariat qui reste dans la famille, et de plus en plus chez les salariés

Interrogé sur France Inter le 16 février 2026, le directeur général Patrick Stassi a résumé la situation sans détour : Kiabi bénéficie d’un « actionnariat familial de long terme », et il se dit chanceux de ne pas être « adossé à un fonds d’investissement qui veut revendre l’entreprise dans quelques années ». L’Association Familiale Mulliez, qui possède également Auchan et Décathlon, n’a jamais ouvert le capital de Kiabi à un actionnaire extérieur ni introduit l’enseigne en bourse. Ce montage capitalistique s’est même élargi aux salariés : en 2023, 64 % des collaborateurs du groupe, en France, en Espagne et en Italie, étaient actionnaires de leur propre entreprise. Avec un chiffre d’affaires de 2,5 milliards d’euros en 2025 (en hausse de 8 % sur un an, 3 milliards d’euros TTC) et 700 magasins dans 37 pays dont 350 en France, Kiabi reste un acteur de taille dont les bénéfices ne remontent vers aucune maison mère étrangère ni aucun fonds coté.

La conception reste une fonction française, distincte des achats

Sur le plan de la conception, la déclaration de performance extra-financière 2023 de Kiabi donne un chiffre rarement communiqué par une enseigne de ce format : 246 salariés, que l’entreprise appelle des « Kiabers », étaient affectés aux collections cette année-là — contre 289 personnes réparties dans les seuls bureaux d’achats de Chine, d’Inde, du Bangladesh et de Turquie. La distinction est significative : la fonction qui imagine les collections est traitée à part de celle qui négocie avec les usines dans les pays producteurs. C’est au siège nordiste, le « Kiabi Village » livré à Lezennes au deuxième trimestre 2024 sur 30 000 m² et réunissant environ 1 000 salariés de Kiabi et de sa foncière Etixia, que cette fonction de conception est pilotée. Patrick Stassi évoque par ailleurs une « direction innovation avec une trentaine de personnes qui continuent à faire des tests », signe que la structure ne se limite pas à un studio de style mais couvre aussi la recherche produit.

Une fabrication qui reste très majoritairement asiatique

C’est là que se loge la principale réserve de cette fiche. Sur les livraisons en grand import, qui représentaient 96 % du total en 2022, la répartition par pays de production est sans ambiguïté : Bangladesh (42 %), Chine (22,6 %), Inde (12,2 %), Myanmar (7 %), Cambodge (6,1 %), Pakistan (3,5 %), Indonésie (2,9 %), Turquie (3 %), Vietnam (0,5 %), Maroc (0,1 %) et Sri Lanka (0,1 %). L’Asie concentre à elle seule près de 97 % des volumes, contre environ 3 % pour la Turquie et le Maroc réunis, et une part non mesurable mais réelle pour la France : le directeur général citait en 2026 « des centaines de milliers de quantités » façonnées sur le territoire, notamment le jean au Denim Center dans le Nord et le tricot à la Manufacture de Layette à Roanne. Ces deux exceptions sont documentées, mais elles restent marginales au regard de l’ensemble de la production, et c’est cette réalité structurelle — une fabrication à plus de 95 % hors d’Europe — qui fixe la note de fabrication à 0. Kiabi ne cache pas cette délocalisation : la marque publie depuis 2023 le détail de sa chaîne d’approvisionnement, avec 195 fournisseurs marchands gérant 590 usines d’assemblage, et revendique 1 209 audits sociaux et 168 audits environnementaux menés en une seule année. 55 % des usines de rang 1 et 2 atteignent le plus haut niveau de conformité aux standards sociaux, 71 % pour les standards environnementaux — une traçabilité réelle, qui documente la délocalisation sans la compenser.

Des matières premières encore largement conventionnelles

Deuxième réserve, plus discrète mais tout aussi structurelle : la composition des fibres achetées par Kiabi pour ses collections été et hiver 2023 reste majoritairement conventionnelle. Sur l’ensemble des achats, 46 % étaient de fibres conventionnelles et 31,3 % de coton certifié Better Cotton (BCI), un label qui améliore les pratiques agricoles sans équivaloir à une certification biologique. Les filières réellement différenciées ne représentaient encore que 23 % du total : 7,6 % de coton biologique, 7,8 % de polyester recyclé, 2,4 % de coton recyclé, 2,4 % de coton en conversion vers le bio, et 2,1 % de fibres Tencel et Ecovero du fabricant autrichien Lenzing. Ces filières s’appuient sur des partenariats réels et datés — adhésion à Better Cotton dès 2019, à l’Organic Cotton Accelerator depuis 2021 avec environ 3 000 fermes engagées exclusivement pour la marque, certification Oeko-Tex Standard 100 — mais elles ne pèsent encore qu’un quart des volumes achetés. Le coton ne poussant pas en France, cette note ne sanctionne pas une délocalisation, mais bien la part encore réduite des filières les plus exigeantes.

Ce que l’on achète réellement chez Kiabi

Choisir Kiabi, c’est financer une entreprise familiale française qui n’a jamais ouvert son capital à un actionnaire extérieur ni à la bourse, dont près des deux tiers des salariés sont eux-mêmes actionnaires, et dont la conception des collections reste une fonction distincte pilotée depuis le Nord de la France. Ce n’est en revanche pas financer une fabrication relocalisée : plus de 95 % de la production reste asiatique, deux exceptions françaises documentées ne changeant rien à cette proportion, et les trois quarts des matières premières achetées restent conventionnelles ou labellisées Better Cotton plutôt que biologiques ou recyclées. Kiabi documente cette réalité plutôt que de la maquiller — audits publiés, chiffres datés, objectifs affichés — ce qui distingue l’enseigne de la plupart des géants internationaux de la fast-fashion qu’elle prétend concurrencer, sans pour autant en faire une marque relocalisée.

Infos sur la marque

Pourquoi choisir Kiabi ?

Indépendance capitalistique familiale

Aucun actionnaire extérieur à l'Association Familiale Mulliez, aucune cotation en bourse depuis la création, et 64 % des collaborateurs eux-mêmes actionnaires du groupe en 2023.

Conception pilotée depuis le Nord

246 salariés affectés aux collections en 2023, au siège de Lezennes, distincts des 289 salariés des bureaux d'achats installés en Chine, en Inde, au Bangladesh et en Turquie.

Une chaîne de fabrication sous audit

590 usines d'assemblage réparties chez 195 fournisseurs, et 1 209 audits sociaux menés en une seule année — une traçabilité qui ne compense pas la délocalisation, mais qui la documente.

Des filières matières engagées, encore minoritaires

Better Cotton depuis 2019, Organic Cotton Accelerator depuis 2021 avec environ 3 000 fermes dédiées : des partenariats réels, mais qui restent minoritaires dans le volume total acheté.

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