Le Minor
Le tricot marin breton depuis 1936
Niveau d'engagement local
Le badge correspond au critère le plus faible : aucune note ne peut en compenser une autre.
À propos de Le Minor
Deux dates cohabitent sur le site de Le Minor, et elles ne désignent pas la même entreprise. Les pages d’atelier affichent « fabriqué en Bretagne depuis 1922 » ; l’anniversaire fêté en 2026 est celui des 90 ans. 1922 est l’année de la Manufacture Bonneterie Lorientaise, fondée à Lorient ; 1936 celle de Le Minor, créée à Pont-l’Abbé, dans le Finistère, par Marie-Anne Le Minor. L’entreprise s’installe dans l’usine de Guidel en 1963, les deux maisons fusionnent en 1982, la famille Grammatico prend la suite en 1987, et la reprise par Sylvain Flet et Jérôme Permingeat date de 2018. La marque additionne donc deux héritages là où sa communication n’en affiche qu’un.
Les capitaux se lisent au registre. La Bonneterie Le Minor (SIREN 322 387 192) est une SAS dont le siège est à Guidel et dont la présidence revient à la société Groupe Franchement (SIREN 839 534 773), immatriculée à Paris et créée le 3 mai 2018, soit l’année de la reprise : Jérôme Permingeat en est le président, Sylvain Flet le directeur général. Aucune personne morale étrangère n’apparaît dans la chaîne de direction enregistrée. C’est ce qui tient la note de capitaux, et non la seule bretonnité du récit.
La fabrication, elle, est vérifiable à l’adresse. Tout se fait à Guidel, en coupé-cousu traditionnel : chaque partie du vêtement est tricotée à plat sur métier rectiligne, puis coupée et assemblée, technique plus lente que le tricotage intégral et qui explique la durée de formation des opératrices. La tranche d’effectif déclarée au titre de 2023 est de 50 à 99 salariés — une taille d’atelier, pas de bureau. L’outil a été agrandi et inauguré fin 2022, avec 400 000 euros de subvention obtenus en novembre 2020 au titre du plan France Relance et 300 000 euros investis par l’entreprise ; la presse professionnelle faisait alors état de 50 emplois nets créés depuis la reprise. Le label d’État Entreprise du Patrimoine Vivant est venu en 2023, et le registre national en porte la mention. En 2025, l’entreprise déclare 4 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 30 % à l’international, et plus de 10 000 visiteurs reçus à l’atelier.
La conception reste tenue par la maison : c’est elle qui a créé le kabig en 1947, avec le peintre René-Yves Creston pour en renouveler la forme, et c’est elle qui signe ses collections aujourd’hui. Aucun donneur d’ordre extérieur, aucune licence.
Reste la réserve, et elle commande le badge. Le coton est filé en France, par La Mouline, dans les Vosges, entreprise que Le Minor dit fondée en 1926, puis teint à la commande dans les Pyrénées : la chaîne est nommée, ce qui est rare. Mais la fibre elle-même vient de « fleurs de coton élevées en Europe », sans que le pays soit précisé, et la laine n’est pas documentée du tout — la page consacrée à son tricotage décrit la technique et les jauges, jamais l’origine ni la filature. La revendication maison de « vêtements entièrement réalisés en France, du fil de coton à la finition » vaut donc pour la transformation, pas pour la matière. Les matières premières restent à 2, et le badge avec elles.
Face à Ralph Lauren, qui a bâti l’esthétique nautique la plus vendue au monde et sait la mettre en scène mieux que personne, ce que l’on achète ici n’est pas un style : c’est un atelier breton de 50 à 99 salariés, ses métiers rectilignes et son fil filé dans les Vosges — avec une laine dont on ne sait pas d’où elle vient.
Infos sur la marque
- ✓Le registre national des entreprises donne la Bonneterie Le Minor (SIREN 322 387 192) pour une SAS dont le siège est à Guidel, dans le Morbihan, présidée par la société Groupe Franchement ; la tranche d'effectif déclarée au titre de 2023 est de 50 à 99 salariés et la mention « patrimoine vivant » figure à la fiche. Source : BONNETERIE LE MINOR (SIREN 322 387 192) — données du registre national des entreprises — Annuaire des entreprises, DGE
- ✓Groupe Franchement (SIREN 839 534 773), la société qui préside la Bonneterie Le Minor, est une SAS immatriculée à Paris et créée le 3 mai 2018, l'année de la reprise : Jérôme Permingeat en est le président et Sylvain Flet le directeur général. Aucune personne morale étrangère n'apparaît dans la chaîne de direction enregistrée. Source : GROUPE FRANCHEMENT (SIREN 839 534 773) — données du registre national des entreprises — Annuaire des entreprises, DGE
- ✓La marque naît en 1936 à Pont-l'Abbé, dans le Finistère, sous l'impulsion de Marie-Anne Le Minor ; l'entreprise s'installe dans l'usine de Guidel en 1963, fusionne en 1982 avec la Manufacture Bonneterie Lorientaise fondée à Lorient en 1922, passe à la famille Grammatico en 1987, puis est reprise en 2018 par Sylvain Flet et Jérôme Permingeat. Source : Notre histoire — Le Minor
- ✓Le kabig, pièce la plus identifiable de la maison, a été créé par elle en 1947 : la conception des modèles est tenue par l'entreprise elle-même, et non par un donneur d'ordre ou un licencié. Source : Notre histoire — Le Minor
- ✓Le fil de coton des marinières est filé en France, par La Mouline, dans les Vosges, entreprise que Le Minor dit fondée en 1926, puis teint à la commande dans les Pyrénées. La marque en tire la revendication d'être « la seule entreprise textile de notre secteur à proposer des vêtements entièrement réalisés en France, du fil de coton à la finition ». Source : Et votre coton, il est made in France ? — Secrets de fabrication — Le Minor
- ✓Le label d'État Entreprise du Patrimoine Vivant a été obtenu en 2023, au terme d'une candidature d'un an et demi selon l'entreprise ; la mention « patrimoine vivant » est confirmée par le registre national des entreprises. Source : Entreprise du patrimoine vivant — Le Minor
- ✓En 2025, l'entreprise déclare 4 millions d'euros de chiffre d'affaires, dont 30 % réalisés à l'international, et son atelier de Guidel a reçu plus de 10 000 visiteurs sur l'année. Source : La marque Le Minor fête ses 90 ans et son attachement au made in France (5 mai 2026) — Bretagne Économique
- ✓L'outil de production a été agrandi et le nouvel atelier inauguré fin 2022 : 400 000 euros de subvention obtenus en novembre 2020 au titre du plan France Relance et 300 000 euros investis par l'entreprise, pour 50 emplois nets créés depuis la reprise de 2018. Source : En images : pour ses 100 ans, Le Minor inaugure un nouvel atelier (29 décembre 2022) — FashionUnited
- ⚠L'origine de la laine n'est pas documentée : la page du site consacrée au tricotage de la laine décrit la technique du coupé-cousu et les jauges employées, sans nommer ni le pays d'origine de la fibre ni la filature qui la file, là où le coton est tracé jusqu'aux Vosges. Les matières premières restent notées 2, et cette note commande le badge. Source : Tricotage de la laine, comment naissent vos pulls ? — Secrets de fabrication — Le Minor
- ⚠Le coton n'est pas cultivé en France : la marque écrit qu'il provient de « fleurs de coton élevées en Europe », sans nommer le pays, et l'approvisionnement amont s'arrête donc à la filature vosgienne. Source : Et votre coton, il est made in France ? — Secrets de fabrication — Le Minor
- ⚠Les pages d'atelier affichent « fabriqué en Bretagne depuis 1922 », date qui est celle de la Manufacture Bonneterie Lorientaise, absorbée en 1982, et non celle de Le Minor, fondée en 1936 — l'anniversaire des 90 ans célébré en 2026 se compte, lui, depuis 1936. Source : Les coulisses de l'atelier — Le Minor
Pourquoi choisir Le Minor ?
Tout le vêtement sort de Guidel
Tricotage sur métiers rectilignes, coupe, assemblage et finition sont réalisés dans le même atelier du Morbihan : la fabrication n'est pas une étape finale posée sur une chaîne étrangère.
Une reprise industrielle, pas un rachat de nom
Depuis 2018, l'entreprise a agrandi son atelier et créé 50 emplois nets, là où la plupart des marques patrimoniales relancées se contentent d'exploiter la marque en confiant la production ailleurs.
Une chaîne coton nommée
La filature du coton est nommée et située dans les Vosges, la teinture dans les Pyrénées : ce niveau de précision rend la vérification possible au lieu de la promettre.
Un atelier qui s'ouvre
Plus de 10 000 personnes ont visité la manufacture en 2025, et le label d'État Entreprise du Patrimoine Vivant a été obtenu en 2023 : la fabrication se laisse regarder.