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papeterie

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Les Vosges fabriquent du papier depuis 1512, la Seine-et-Marne sort 620 millions de stylos par an : la papeterie est l'un des rares rayons de grande consommation où l'industrie française produit encore à très grande échelle. La ligne de partage ne passe pas entre marques françaises et étrangères, mais entre ce qui sort d'une usine et ce qui sort d'un cahier des charges.

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Le dernier rayon où la France fabrique en masse

La papeterie fait exception. Dans la plupart des rayons de grande consommation, l’industrie française s’est réduite à quelques ateliers de niche vendant cher à peu de monde. Ici, elle produit en masse, à prix de supermarché, et sur des sites qui emploient des centaines de personnes : 620 millions de stylos par an sortent de Montévrain, en Seine-et-Marne, et une usine des Vosges peut fabriquer jusqu’à 165 000 tonnes de papier dans l’année.

Cette persistance a une explication industrielle simple. Le stylo à bille et la feuille de papier sont des objets à très faible valeur unitaire et à volume énorme : les transporter coûte proportionnellement cher. Une palette de cahiers, c’est du poids pour peu de valeur marchande. La logique économique qui a poussé le textile et le jouet vers l’Asie joue ici en sens inverse, et protège des usines que rien d’autre ne protégerait.

Deux traditions régionales structurent le secteur. Les Vosges transforment le bois en papier depuis le XVIe siècle, le long de rivières qui fournissaient l’eau et l’énergie ; le bassin d’Étival-Clairefontaine en est l’héritier direct. La plasturgie francilienne et nordiste, elle, est plus récente : elle est née avec l’objet jetable d’après-guerre, dont le stylo à bille est l’archétype.

La matière première est le point de friction commun aux deux filières, et c’est presque toujours elle qui commande le badge. Un papetier français fabrique son papier mais achète sa pâte, sur un marché mondial où l’eucalyptus brésilien et le résineux scandinave dominent. Un fabricant de stylos moule ses corps mais achète son polystyrène, dérivé pétrochimique sans filière française. Les certifications forestières et les taux de matière recyclée améliorent la traçabilité ; elles ne créent pas une ressource nationale.

Le rayon voisin, celui du cartable et de la trousse, obéit à l’inverse à la règle générale : la maroquinerie scolaire est cousue au Portugal, au Maghreb ou en Asie, y compris sous des marques que tout le monde croit françaises. C’est le même cabas de rentrée, et ce sont deux industries opposées.

Chaque marque de cette page est évaluée sur quatre critères indépendants — capitaux, conception, fabrication et matières premières — selon la méthode détaillée sur notre page à propos.

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