Réjeanne
Niveau d'engagement local
Le badge correspond au critère le plus faible : aucune note ne peut en compenser une autre.
À propos de Réjeanne
Réjeanne s’attaque au rayon où un changement d’habitude pèse le plus lourd : les protections périodiques ne relèvent pas de l’envie, elles se rachètent chaque mois pendant l’essentiel d’une vie. Remplacer Always ou Tampax par une culotte lavable change la nature même de l’achat. Reste à savoir ce que la marque établit sur son origine — et c’est moins que ce que son discours laisse entendre.
Ce qui est établi
L’entreprise est tenue par ses fondatrices. Réjeanne est exploitée par AW Innovation, une SAS immatriculée à Paris le 4 janvier 2018, qui déclarait 10 à 19 salariés en 2023. Le registre des entreprises nomme deux dirigeantes, toutes deux personnes physiques : Wye-Peygn Morter, présidente, et Alexandra Rychner, directrice générale. Aucune société ni aucun fonds ne figure à leur côté. Les dirigeants ne sont pas les actionnaires, et le registre ne dit pas qui détient les parts ; mais rien de ce que nous avons consulté n’indique un capital passé en d’autres mains.
La conception est parisienne. La marque écrit que ses collections sont imaginées par les fondatrices à Paris, et date de 2017 le lancement de ce qu’elle présente comme les premières culottes menstruelles françaises ; la société qui l’exploite n’est immatriculée qu’en janvier 2018.
La technologie est documentée, le brevet moins. La protection tient en trois couches — coton biologique, lyocell, membrane imperméable — que Réjeanne dit brevetée depuis 2018 et développée en France avec des ateliers travaillant pour de grandes maisons de lingerie. Le numéro du brevet n’est pas publié.
La certification, elle, est vérifiable. Les culottes portent le label OEKO-TEX STANDARD 100 sous le numéro CQ 1254/1 IFTH. Ce référentiel teste chaque fil et chaque accessoire contre plus de 1 000 substances nocives. C’est une garantie sanitaire délivrée hors de la marque. Ce n’est pas une garantie d’origine.
Deux réserves qui abaissent la note
Personne ne sait où les culottes sont cousues. Nous avons cherché là où l’information devrait se trouver : la page Nos engagements, la FAQ, la page La marque et les fiches produits, qui détaillent pourtant la composition au pourcentage près. Aucune ne nomme un pays de confection. L’adresse de la page Engagements contient les mots « fabrication française » ; son texte, lui, ne parle que de conception et de développement. Ce site refuse aux grandes marques les affirmations qu’elles ne documentent pas ; il ne peut pas en faire crédit aux petites. La fabrication est donc notée 1 — elle remontera le jour où la marque écrira où travaillent ses ateliers, ce qui, pour une entreprise dont l’origine française est l’argument, serait dans son intérêt.
Les matières sont importées, sans origine publiée. Le modèle Gaïa associe 94 % de coton biologique et 6 % d’élasthanne à un assemblage de lyocell et de polyester. Le coton ne se cultive pas en France à l’échelle industrielle ; le polyester vient du pétrole ; et la marque ne dit d’où vient aucune de ces fibres. Les matières premières sont notées 1.
Une réserve d’usage, et ce que font bien les marques ciblées
Une culotte coûte de 35 à 49 € selon le modèle, et il en faut plusieurs pour couvrir un cycle. Always et Tampax ont pour eux ce que Réjeanne n’a pas : un paquet se trouve dans n’importe quelle supérette, s’achète à l’unité, et ne demande ni lavage ni avance de trésorerie. Sur un rayon qui touche à la précarité, cet avantage n’est pas un détail. La durée de vie promise — « des années », selon la FAQ — n’est pas chiffrée en lavages, si bien que le calcul d’amortissement reste à la charge de l’acheteuse.
Ce qu’on achète réellement : une conception parisienne, une entreprise indépendante tenue par ses fondatrices et un produit qu’on ne jette pas — pas, en l’état de ce que la marque publie, une culotte dont on sait où elle a été fabriquée.
Infos sur la marque
- ✓La marque est exploitée par AW Innovation, SAS immatriculée à Paris le 4 janvier 2018, siège rue Brémontier (17e), 10 à 19 salariés en 2023. Ses deux dirigeantes sont les fondatrices, personnes physiques : Wye-Peygn Morter, présidente, et Alexandra Rychner, directrice générale. Aucune personne morale ne figure parmi les dirigeants — un indice de contrôle par les fondatrices, pas une preuve de la répartition du capital, que le registre ne publie pas. Source : Registre des entreprises — AW INNOVATION (REJEANNE), SIREN 834 573 040 : date de création, siège, effectif, dirigeants — Annuaire des entreprises, État français
- ✓Les collections sont conçues à Paris par les deux fondatrices, qui présentent Réjeanne comme ayant lancé les premières culottes menstruelles françaises en 2017. Source : « Toutes les collections Réjeanne sont imaginées par Alexandra et Wye, les fondatrices, à Paris au cœur de l'équipe Réjeanne où sont nées les premières culottes menstruelles françaises en 2017 » — Réjeanne, page Nos engagements
- ✓La protection repose sur un assemblage en trois couches — coton biologique drainant, lyocell (Tencel), membrane imperméable et respirante — que la marque dit breveté depuis 2018 et développé en France avec des ateliers travaillant pour de grandes maisons de lingerie. Aucun numéro de brevet n'est publié. Source : Page Notre technologie — trois couches, « première marque française de lingerie menstruelle brevetée depuis 2018 », numéro de brevet non mentionné — Réjeanne
- ✓Les culottes sont certifiées OEKO-TEX STANDARD 100 sous le numéro CQ 1254/1 IFTH. Le numéro permet de vérifier l'allégation auprès du certificateur ; le label atteste l'absence de substances nocives, pas l'origine ni les conditions de fabrication. Source : « Nos culottes menstruelles sont labellisées OEKO-TEX® STANDARD 100 (CQ 1254/1 IFTH) » — Réjeanne, page Nos engagements
- ✓Le produit est lavable et réutilisable : la marque écrit qu'une culotte « se conserve pendant des années », là où serviettes et tampons se rachètent à chaque cycle. Elle ne publie en revanche ni nombre de lavages garanti ni durée de vie chiffrée. Source : FAQ — « une culotte Réjeanne se conserve pendant des années » ; nombre de lavages non mentionné — Réjeanne
- ⚠Le lieu de confection n'est publié nulle part par la marque : ni sur la page Nos engagements, ni dans la FAQ, ni sur la page La marque, ni sur les fiches produits, qui détaillent pourtant la composition. Rien n'établit donc une production française ni même européenne : la fabrication est notée 1, et remontera dès que la marque publiera où ses culottes sont cousues. Source : Fiche produit Culotte Gaïa Noire — composition et entretien détaillés, pays de confection non mentionné — Réjeanne
- ⚠La culotte Gaïa associe 94 % de coton biologique et 6 % d'élasthanne à un assemblage de protection en lyocell (86 %) et polyester (14 %), plus une couche 100 % polyester. L'origine d'aucune de ces fibres n'est publiée ; le coton ne se cultive pas en France à l'échelle industrielle, et le polyester est dérivé du pétrole. Les matières premières sont notées 1. Source : Fiche produit Culotte Gaïa Noire — composition par couche, origine des fibres non mentionnée — Réjeanne
- ⚠Une culotte menstruelle coûte de 35 à 49 € pièce selon le modèle, et il en faut plusieurs pour couvrir un cycle. L'économie ne vient qu'avec la durée, à condition d'avancer la dépense. Source : Catalogue — Culotte Gaïa Noire 35 €, Culotte Absolu Elaura Noire 39 €, Culotte Absolu Anthéia Noire 49 € — Réjeanne
Pourquoi choisir Réjeanne ?
Une entreprise tenue par ses fondatrices
Société parisienne de 10 à 19 salariés, dirigée par les deux femmes qui l'ont créée, sans personne morale à sa tête selon le registre des entreprises.
Une certification vérifiable
OEKO-TEX STANDARD 100, avec un numéro de certificat que chacun peut contrôler : une garantie sur l'absence de substances nocives, délivrée hors de la marque.
Réutilisable, donc racheté rarement
Sur un rayon fondé sur le jetable racheté à chaque cycle, le produit change la nature de la dépense — et le volume de déchets qui va avec.