Le Slip Français
Fabriqué en France avec panache
Niveau d'engagement local
Le badge correspond au critère le plus faible : aucune note ne peut en compenser une autre.
À propos de Le Slip Français
Fondée en 2011 par Guillaume Gibault, Le Slip Français est devenue l’une des marques les plus visibles de la relocalisation textile. Sa fiche tient pourtant en une tension que son propre prospectus d’introduction en bourse, approuvé par l’AMF le 24 juin 2026, documente mieux que sa communication : une fabrication réellement française et de plus en plus intégrée, adossée à une entreprise qui sort à peine de trois années de pertes et dont le capital a changé de mains à l’été 2026.
Le point le plus souvent mal compris est industriel. Longtemps, la marque ne possédait aucune usine et faisait coudre chez des façonniers. Ce n’est plus le cas : le groupe détient trois sites, Bonne Nouvelle et Fier(T) à Aubervilliers, La Belle Paire à Limoges. Bonne Nouvelle, créée en 2023, est devenue une filiale à 100 % le 30 septembre 2025. Selon le prospectus, elle tournait en mars 2026 à environ 97 000 pièces par mois, soit environ 1 million par an, et assure désormais 62 % des achats de sous-vêtements du groupe, contre 34 % en 2023. Le réseau de partenaires subsiste : 30 usines en France selon le prospectus, dont 19 ateliers de confection — le site de la marque, lui, en annonce 40. Les deux chiffres ne sont pas réconciliés : nous retenons celui du document approuvé par l’AMF.
Ce virage industriel a servi un repositionnement commercial. Le prix affiché du slip est passé de 40 € à 20 € en avril 2024 ; le prix moyen toutes gammes a reculé de 46 % entre 2023 et 2025, de 30 € à 16,50 € hors taxe. Le groupe a fabriqué environ 1,45 million de pièces en 2025.
La note de fabrication est donc pleine. Celle des matières premières ne peut pas l’être, et le prospectus le dit lui-même : l’approvisionnement en coton et la filature « demeurent réalisées à l’étranger ». Plus des trois quarts des étapes de la chaîne sont françaises — tricotage, teinture, coupe, confection —, mais la fibre ne l’est pas, et le site, qui évoque des « matières locales et éco-conçues », n’en nomme l’origine nulle part. D’où un 1 sur ce critère, qui fixe le badge.
Deux réserves concernent l’entreprise elle-même. La première tient au capital. L’introduction sur Euronext Growth Paris, le 14 juillet 2026 à 14,80 € l’action, valorise la société environ 19,2 millions d’euros. À l’issue de l’offre, le flottant représente 68,65 % du capital, et ses détenteurs ne sont pas identifiables un à un. Guillaume Gibault ne conserve que 9,46 % via GG Corp, la directrice exécutive Léa Marie 5,10 %. Les fonds Experienced Capital Partners, qui contrôlaient de fait la société avec 40,99 % avant l’opération, et 360 Capital Partners n’ont cédé que 73,8 % de leur participation et gardent ensemble 14,81 % : ce solde pourra être vendu à l’expiration de l’engagement de conservation de 365 jours. Le siège et la direction restent en France, mais le capital ne peut plus être dit majoritairement français au sens strict — d’où un 2.
La seconde tient aux comptes. Les comptes sociaux publiés dans le prospectus montrent trois exercices déficitaires, 2022, 2023 et 2024. Une procédure amiable ouverte en janvier 2024 a abouti en avril 2025 à un protocole qui étale la dette jusqu’en 2030 et interdit tout dividende jusqu’au remboursement complet. Le retour au bénéfice, 0,63 million d’euros pour 21,1 millions de chiffre d’affaires en 2025, est réel mais récent.
Face aux marques ciblées, le rapport de taille reste écrasant. Le prospectus, citant Xerfi, crédite DIM d’environ 278 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024 et Eminence d’environ 81 millions en 2023, quand Le Slip Français revendique environ 4 % d’un marché du sous-vêtement masculin estimé à 500 à 510 millions d’euros par an. DIM, que le prospectus présente comme le leader historique du marché français en volume comme en chiffre d’affaires, garde l’avantage de l’échelle ; Le Slip Français, celui d’une confection faite dans ses propres ateliers et d’un atelier de réparation.
Ce que le lecteur achète, c’est un sous-vêtement cousu en France, de plus en plus dans les usines du groupe lui-même, dans un coton qui vient d’ailleurs — et une entreprise qui a parié son redressement sur ce modèle, pari dont l’exercice 2025 est la première confirmation.
Infos sur la marque
- ✓Fondée en 2011, l'entreprise ne se contente plus de sous-traiter : elle détient trois sites industriels, Bonne Nouvelle (sous-vêtements) et Fier(T) (tee-shirts) à Aubervilliers, La Belle Paire (chaussettes) à Limoges. Euronext a présenté ce groupe, le jour de son introduction en bourse, comme spécialisé dans « la conception, la fabrication et la distribution » de sous-vêtements et de basiques. Source : Le Slip Français lists on Euronext — trois sites industriels, fondation en 2011 — Euronext, communiqué du 14 juillet 2026
- ✓L'usine Bonne Nouvelle, créée en 2023 à Aubervilliers, est devenue une filiale à 100 % le 30 septembre 2025, quand la société a acquis les 90 % du capital qu'elle ne détenait pas encore. Selon le prospectus, sa capacité atteignait environ 97 000 pièces par mois en mars 2026, soit environ 1 million de pièces par an, et la part des sous-vêtements fabriqués en interne est passée de 34 % des achats en 2023 à 62 % fin 2025. Le groupe a fabriqué environ 1,45 million de pièces en 2025. Source : Prospectus d'admission sur Euronext Growth, approuvé par l'AMF sous le n° 26-212 le 24 juin 2026 — acquisition et montée en charge de Bonne Nouvelle — Le Slip Français
- ✓Le prospectus décrit une chaîne dont « plus des trois-quarts des étapes » sont réalisées en France — conception, coupe et confection, teinture, tricotage, stockage et logistique — avec 30 usines partenaires, dont 19 ateliers de confection et 11 fournisseurs de matières. Le site de la marque, de son côté, annonce 40 fabricants partenaires et 300 emplois indirects, dans des ateliers « souvent labellisés » Entreprise du Patrimoine Vivant ou Origine France Garantie. Source : Prospectus approuvé par l'AMF (n° 26-212), section 4.2.2.3 — chaîne de production et partenaires — Le Slip Français
- ✓La marque propose un atelier de réparation pour ses vêtements, avec des solutions « comme le remplacement d'un élastique ou une reprise de couture ». Source : Fabrication française — atelier de réparation — Le Slip Français
- ✓Le prix affiché des sous-vêtements a été divisé par deux en avril 2024, de 40 € à 20 €. Entre 2023 et 2025, le prix moyen toutes gammes a reculé de 46 %, de 30 € à 16,50 € hors taxe, tandis que le prix de revient industriel baissait de 45 %. La marque revendique 60 % de notoriété spontanée (étude YouGov France, octobre 2025) et environ 4 % d'un marché du sous-vêtement masculin estimé par Kantar à 500 à 510 millions d'euros par an, face à DIM (environ 278 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2024) et Eminence (environ 81 millions en 2023), chiffres Xerfi repris par le prospectus. Source : Prospectus approuvé par l'AMF (n° 26-212), sections 4.2.2 et 4.2.3 — repositionnement prix et marché du sous-vêtement — Le Slip Français
- ⚠Introduite sur Euronext Growth Paris le 14 juillet 2026 à 14,80 € l'action, pour une capitalisation d'environ 19,2 millions d'euros, l'entreprise a désormais 68,65 % de son capital dans le flottant, dont les détenteurs ne sont pas identifiables individuellement. Le fondateur Guillaume Gibault n'en détient plus que 9,46 % via sa holding GG Corp, et la directrice exécutive Léa Marie 5,10 %, tous deux sous engagement de conservation de 365 jours. Avant l'opération, la société était contrôlée de fait par le fonds Experienced Capital Partners, avec 40,99 % du capital. Source : Le Slip Français annonce le large succès de son introduction en bourse — répartition du capital à l'issue de l'offre — Le Slip Français, communiqué du 9 juillet 2026, repris par Yahoo Finance
- ⚠L'opération devait permettre la sortie des fonds Experienced Capital Partners et 360 Capital Partners, entrés au capital en 2015-2016. Ils n'ont cédé que 73,8 % de leur participation, soit 540 541 actions pour environ 8,0 millions d'euros, et conservent ensemble 14,81 % du capital (8,66 % et 6,15 %) : la sortie est engagée mais pas achevée, et ce solde pourra être vendu à l'issue de l'engagement de conservation. Source : Le Slip Français annonce le large succès de son introduction en bourse — cessions des actionnaires historiques — Le Slip Français, communiqué du 9 juillet 2026, repris par Yahoo Finance
- ⚠Le prospectus l'écrit sans détour : l'approvisionnement en matières premières (« production de coton quasi-inexistante en France ») et la filature « demeurent réalisées à l'étranger ». La page « Fabrication française » du site évoque des « matières locales et éco-conçues » sans donner l'origine d'aucune fibre. La fabrication est française, la fibre ne l'est pas : c'est ce qui limite la note matières premières à 1. Source : Prospectus approuvé par l'AMF (n° 26-212), section 4.2.2.3 — étapes réalisées à l'étranger — Le Slip Français
- ⚠Les comptes sociaux publiés dans le prospectus montrent trois exercices déficitaires d'affilée : −3,41 millions d'euros en 2022, −1,69 million en 2023, −1,50 million en 2024. L'exercice 2025 revient à un bénéfice de 0,63 million pour 21,1 millions d'euros de chiffre d'affaires. Une procédure amiable ouverte en janvier 2024 a débouché sur un protocole signé en avril 2025 avec actionnaires et prêteurs, qui étale la dette jusqu'en 2030 et interdit toute distribution de dividende jusqu'au remboursement complet. Source : Prospectus approuvé par l'AMF (n° 26-212) — résultats des cinq derniers exercices et protocole d'avril 2025 — Le Slip Français
Pourquoi choisir Le Slip Français ?
Des usines, pas seulement des fournisseurs
Contrairement aux marques qui se contentent de faire coudre en France, Le Slip Français possède ses propres sites de production à Aubervilliers et à Limoges, et fabrique désormais en interne 62 % de ses sous-vêtements.
Un réseau d'ateliers français
Au-delà de ses trois sites, 30 usines partenaires en France selon le prospectus, dont 19 ateliers de confection et 11 fournisseurs de matières.
Un atelier de réparation
Remplacement d'un élastique ou reprise de couture : la marque propose de réparer plutôt que de racheter.
Un made in France devenu abordable
Un slip à 20 € au lieu de 40 € depuis avril 2024, pour une marque qui revendique 60 % de notoriété spontanée.
Sources
- •Le Slip Français lance son introduction en bourse sur Euronext Growth Paris — Le Slip Français, communiqué du 25 juin 2026
- •Fabrication française — Le Slip Français