Lydia
Le paiement entre proches devenu un réflexe français
Niveau d'engagement local
Le badge correspond au critère le plus faible : aucune note ne peut en compenser une autre.
À propos de Lydia
« Faire un Lydia » est entré dans le langage courant pour désigner un remboursement entre proches. Lancée en 2013 par Antoine Porte et Cyril Chiche, l’application est l’une des rares alternatives françaises à PayPal qu’un particulier utilise déjà sans y penser. Reste à savoir ce qu’il y a de français derrière l’icône. La réponse est nette : la direction et l’agrément, oui ; la propriété et l’infrastructure, beaucoup moins.
Ce qui est établi
L’éditeur, Lydia Solutions, est une société par actions simplifiée immatriculée au RCS de Paris, installée avenue de l’Opéra et présidée par son cofondateur Cyril Chiche. Elle est agréée par l’ACPR comme établissement de monnaie électronique, avec un code banque (CIB 17598) et un identifiant REGAFI (62677) publics. En décembre 2021, la société se disait « basée à Paris », avec plus de 150 collaborateurs.
Depuis mai 2024, l’offre est scindée en deux. Le compte bancaire est passé sous la marque Sumeria, pour laquelle Cyril Chiche visait, en avril 2025, un agrément d’établissement de crédit. Lydia est revenue à son usage d’origine : payer, demander de l’argent, ouvrir une cagnotte. Elle revendique plus de 150 000 paiements par jour, un chiffre qu’elle publie elle-même.
Trois réserves
Le capital, d’abord. Il s’est ouvert tôt à l’étranger : le chinois Tencent a mené un tour de 40 millions d’euros en 2020. Le tour de plus de 100 millions de dollars de décembre 2021, qui a fait de Lydia une licorne, a été mené par ses investisseurs historiques — l’américain Accel, le français Founders Future et Tencent — et rejoint par les fonds américains Dragoneer et Echo Street. Au total, 235 millions d’euros ont été levés. Aucune répartition du capital n’est publiée : on ne sait ni ce que détiennent encore les fondateurs, ni quel fonds pèse le plus. La note de capitaux est donc de 2.
L’exploitation, ensuite. En août 2021, Lydia a annoncé migrer ses données et ses services sur Google Cloud, sans préciser dans quelle région. Les équipes sont à Paris, mais les serveurs appartiennent à un groupe américain. Le barème lit cette dépendance comme une fabrication à 1.
Le socle technique, enfin. Pour financer un paiement, Lydia accepte les cartes CB, mais aussi Visa et Mastercard, deux réseaux américains. Elle s’appuie sur le suédois TINK pour l’initiation de paiement, et publie son site via Webflow, sur les serveurs d’Amazon et le CDN Fastly. Ces dépendances, Lydia les déclare elle-même dans ses mentions légales, ce que beaucoup de concurrents ne font pas. Ajoutées au cloud de Google, elles fixent les matières premières à 1.
Face à PayPal et Revolut
PayPal, groupe coté au Nasdaq, garde l’avantage pour payer chez un commerçant en ligne à l’étranger : son réseau d’acceptation est mondial. Revolut et N26 offrent un compte complet dans une seule application. Lydia ne joue plus ce rôle : le compte est chez Sumeria. Sur le terrain du remboursement entre amis, en revanche, elle répond au même besoin, avec un agrément et une direction français.
Ce que vous achetez réellement
Une société parisienne, supervisée par le régulateur français et dirigée par son fondateur. Mais son capital est détenu en grande partie par des fonds américains et chinois, ses serveurs sont chez Google et ses paiements passent par Visa et Mastercard. C’est une alternative française par son pilotage, pas une infrastructure indépendante.
Infos sur la marque
- ✓Application éditée par Lydia Solutions, société par actions simplifiée au capital de 1 794 792 euros, immatriculée au RCS de Paris sous le numéro 534 479 589, dont le siège est au 14 avenue de l'Opéra à Paris. Son président et directeur de la publication est le cofondateur Cyril Chiche. Source : Mentions légales — Lydia Solutions, SAS au capital de 1 794 792 €, RCS Paris 534 479 589, 14 avenue de l'Opéra, directeur de la publication Cyril Chiche, président — Lydia
- ✓Agréée par l'ACPR en tant qu'établissement de monnaie électronique habilité à délivrer des services de paiement — code banque CIB 17598, identifiant REGAFI 62677. La supervision est française. Source : Mentions légales — agrément ACPR d'établissement de monnaie électronique, CIB 17598, REGAFI 62677 — Lydia
- ✓Lancée en 2013 par Antoine Porte et Cyril Chiche, la société se présentait en décembre 2021 comme « basée à Paris », avec plus de 150 collaborateurs et 5,5 millions d'utilisateurs revendiqués. Conception et direction sont françaises. Source : Communiqué de Lydia, Paris, 8 décembre 2021 — « Lancée en 2013 par Antoine Porte et Cyril Chiche, la fintech tricolore basée à Paris » — Lydia, communiqué reproduit par Planet Fintech
- ✓L'application est recentrée sur son usage d'origine — paiements, cagnottes, envoi d'argent entre amis — et revendique « plus de 150 000 paiements par jour ». Le compte bancaire est renvoyé vers Sumeria, présentée comme conçue « par les concepteurs de Lydia ». Source : Page d'accueil de Lydia — paiements, cagnottes, « plus de 150 000 paiements par jour », renvoi vers Sumeria — Lydia
- ⚠Le capital s'est ouvert tôt à un investisseur chinois. En janvier 2020, le géant Tencent a mené un tour de 40 millions d'euros, aux côtés des actionnaires existants CNP Assurances, XAnge et New Alpha. Source : Tencent mène un tour de table de 40 millions d'euros dans la startup française Lydia — FrenchWeb, 15 janvier 2020
- ⚠La propriété est largement internationale, et sa répartition n'est pas publiée. Le tour de plus de 100 millions de dollars de décembre 2021, qui a valorisé Lydia au-delà du milliard, a été mené par ses investisseurs historiques — l'américain Accel, le français Founders Future et Tencent — rejoints par les fonds américains Dragoneer et Echo Street. La société disait alors avoir levé 225 millions d'euros « auprès d'investisseurs internationaux ». Ni la part des fondateurs ni celle de chaque fonds n'est connue : direction française, propriété ouverte à l'étranger, d'où la note de capitaux à 2. Source : Communiqué de Lydia, 8 décembre 2021 — « Ce tour est mené par les investisseurs historiques de Lydia (Accel, Founders Future et Tencent) […] Dragoneer et Echo Street rejoignent l'aventure » — Lydia, communiqué reproduit par Planet Fintech
- ⚠L'offre est scindée en deux depuis mai 2024. Les services bancaires sont passés sous la marque Sumeria, pour laquelle Cyril Chiche disait viser, en avril 2025, un agrément d'établissement de crédit espéré avant la fin de cette année-là. La société comptait alors 235 millions d'euros levés au total. Qui cherche un compte bancaire chez Lydia ne le trouvera plus sous ce nom. Source : Lydia vise une entrée en Bourse d'ici 5 ans et un agrément bancaire pour sa néobanque Sumeria — ABC Bourse, 2 avril 2025
- ⚠Les données et services de Lydia tournent sur Google Cloud. La migration a été annoncée en août 2021, sans que la région d'hébergement soit publiée. Un cloud américain pour l'exploitation : c'est ce qui fixe la note de fabrication à 1, malgré des équipes parisiennes. Source : Lydia migre ses données chez Google Cloud pour renforcer sa présence en Europe — Siècle Digital, 19 août 2021
- ⚠Le paiement repose sur les réseaux de cartes. Pour alimenter un paiement, Lydia accepte les cartes « CB, Visa, Mastercard, Visa Electron, ou Mastercard Maestro ». Le réseau CB est français, mais Visa et Mastercard sont américains. Avec le cloud de Google, ce socle technologique fixe la note de matières premières à 1. Source : Cartes bancaires acceptées — « CB, Visa, Mastercard, Visa Electron, ou Mastercard Maestro » — Manuel d'utilisation de Lydia
- ⚠D'autres briques sont étrangères, et la société les déclare. Pour l'initiation de paiement et l'information sur les comptes, Lydia agit comme agent de TINK AB, établissement de paiement agréé par l'autorité suédoise. Le site est publié via Webflow Inc., société de San Francisco, sur les serveurs d'Amazon Web Services et le CDN Fastly. Source : Mentions légales — agent prestataire de services de paiement de TINK AB ; hébergement Webflow Inc. (San Francisco), AWS, Fastly — Lydia
Pourquoi choisir Lydia ?
Un usage grand public proche de PayPal
Contrairement à PayPlug, pensé pour l'encaissement des commerçants, Lydia cible les particuliers : paiements entre amis, demandes d'argent et cagnottes.
Une société dirigée depuis Paris
Lydia Solutions est immatriculée et installée à Paris, et toujours présidée par son cofondateur Cyril Chiche.
Un agrément et une supervision français
Établissement de monnaie électronique agréé par l'ACPR, avec un code banque et un identifiant REGAFI publics et vérifiables.
Sources
- •Lydia grabs another $100 million for its European financial super app — TechCrunch, 7 décembre 2021
- •La fintech Lydia s'associe à Google pour « scaler » en Europe — Alliancy, 2 septembre 2021